Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407708
lundi 28 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407708 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 28 mai et 5 août 2024, M. C A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision, prise sur recours administratif, en date du 6 mars 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine lui a notifié un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant total de 8 718, 97 euros afférent à la période du 1er janvier 2021 au 30 septembre 2023 ;
2°) de le rétablir dans ses droits à l'aide personnalisée au logement pour la période de janvier 2021 à septembre 2023.
Il soutient que :
- l'agent assermenté de la caisse d'allocations familiales ne l'a pas régulièrement convoqué ;
- la caisse d'allocations familiales a décidé de manière non contradictoire qu'il était souvent absent du territoire national et qu'il avait des revenus provenant de l'étranger ;
- en entérinant le rapport de cet agent malgré ses protestations, la caisse d'allocations familiales a méconnu les dispositions des articles L. 851 du code de la construction et de l'habitation et L. 114-10 du code de la sécurité sociale ;
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () ; 7º Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (). ". Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".
2. D'autre part, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement / 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale ; / b) L'allocation de logement sociale ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indu d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré () Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations () ". Aux termes de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale : " Les directeurs des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations mentionnées au présent code confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale ou par arrêté du ministre chargé de l'agriculture, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations, le contrôle du respect des conditions de résidence et la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles. Des praticiens-conseils et auditeurs comptables peuvent, à ce titre, être assermentés et agréés dans des conditions définies par le même arrêté. Les constatations établies à cette occasion par ces agents font foi jusqu'à preuve du contraire. () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision, qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération de l'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qu'il lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
4. En premier lieu, si M. A B soutient que l'agent assermenté de la caisse d'allocations familiales ne l'aurait pas régulièrement convoqué aux différents rendez-vous qui qui ont été fixés, ce moyen de légalité externe n'est pas, dans cette formulation, assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il en va de même, par voie de conséquence, du moyen tiré de ce que la caisse d'allocations familiales aurait conclu " de manière non contradictoire " à l'existence d'un indu d'aide personnalisée au logement.
5. En second lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que M. A B, qui bénéficiait d'une aide au logement depuis 2021, a fait l'objet d'une enquête, diligentée par les services de la caisse d'allocations familiales, au terme de laquelle il a été constaté une absence de mouvements bancaires en France pendant certaines périodes pouvant permettre de conclure à l'existence de séjours à l'étrangers du requérant pendant une durée supérieure à 92 jours. En outre, il était constaté l'existence de sommes régulièrement créditées sur le compte de l'allocataire, sommes dont l'origine n'avait pu être déterminée. Sur le fondement de ces constatations, la caisse d'allocations familiales a procédé à un recalcul des droits de M. A B et en a déduit l'existence de l'indu litigieux. Si le requérant conteste les éléments retenus par la caisse d'allocations familiales pour conclure à l'existence de cet indu, il ne produit aucun début de démonstration à l'appui de ses allégations et notamment ne produit aucun justificatif de sa présence en France pour la période concernée, ni n'apporte de début de justification s'agissant des revenus dont la caisse d'allocations familiales a constaté l'existence. Par suite, le moyen tiré de l'absence de bien fondé de l'indu en litige ainsi que de la méconnaissance des dispositions citées au point 2, n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
6. M. A B a donc été invité par le greffe du tribunal, le 2 juillet 2024, à compléter sa requête conformément aux dispositions de l'article R. 772-6 du code de justice administrative. Dans son mémoire complémentaire, le requérant n'a toutefois soulevé aucun autre moyen, ni n'a précisé ceux invoqués dans sa requête introductive d'instance. Il s'ensuit que sa requête peut être rejetée sur le fondement des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B.
Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 28 octobre 2024.
La vice-présidente,
Signé
H. Lepetit-Collin
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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