Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409772
jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2409772 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 juillet 2024 et le 1er décembre 2024, M. B A, représenté par Me Siran, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 22 mars 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a classé sa demande de titre de séjour portant la mention " étudiant " sans suite ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à défaut, de lui fixer un rendez-vous en vue de déposer sa demande de titre de séjour et de lui remettre, pour la durée de cet examen, un récépissé de sa demande l'autorisant à travailler, dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous la même astreinte, ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous la même astreinte, et, dans l'attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat, ou, à défaut, si sa demande d'aide juridictionnelle est rejetée, de lui verser directement cette somme.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R.431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et est à cet égard entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 9 de l'accord franco-ivoirien du 21 septembre 1992 et est, à cet égard, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est, à cet égard, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que la décision attaquée ne fait pas grief ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco- ivoirien du 21 septembre 1992 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- l'arrêté du 27 avril 2021 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cordary, première conseillère,
- et les observations de Me Siran, représentant Monsieur A, présent.
Une note en délibéré présentée pour M. A a été enregistrée le 9 décembre 2024. Elle n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Monsieur A, ressortissant ivoirien né le 15 août 2000, est entré sur le territoire français en septembre 2020 sous couvert d'un visa long séjour, valable jusqu'au 8 septembre 2021, afin d'y poursuivre ses études. Le 3 février 2024, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ". Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler la décision du 22 mars 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a classé sa demande sans suite.
2. Aux termes de l'art. R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté () ". Selon l'arrêté du 27 avril 2021 : " Sont effectuées au moyen du téléservice () : 1°) A compter du 1er mai 2021, les demande de cartes de séjour temporaire portant la mention " étudiant " () ". L'article R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ". Selon le point 29 de l'annexe 10 du même code, les pièces à produire pour un titre de séjour pour motif d'études sont : " un visa de long séjour ou titre de séjour en cours de validité () ".
3. La clôture d'une demande de titre de séjour motif pris du caractère incomplet du dossier ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir lorsque le dossier est effectivement incomplet, en l'absence de l'un des documents mentionnés à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou lorsque l'absence d'une pièce mentionnée à l'annexe 10 à ce code, auquel renvoie l'article R. 431-11 du même code, rend impossible l'instruction de la demande.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a bénéficié d'un titre de séjour valable jusqu'au 8 septembre 2021. Toutefois, alors qu'il était fondé à déposer sa demande de titre de séjour portant la mention " étudiant " sur le téléservice de l'administration numérique pour les étrangers en France (ANEF), M. A n'établit ni même n'allègue être en possession d'un visa long séjour ou d'un titre de séjour en cours de validité, alors qu'il s'agit d'une pièce indispensable au traitement de sa demande, ainsi qu'en dispose le point 29 de l'annexe 10 au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité. Dans ces conditions, la décision de clôture qu'il conteste ne fait pas grief et n'est donc pas susceptible de recours.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il y ait lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et de celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : M. A n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Monsieur B A et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente, Mme Cordary, première conseillère, et Mme Lusinier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
La rapporteure,
signé
C. CORDARY
La présidente,
signé
C. ORIOLLa greffière,
signé
V. RICAUD
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière