Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409898

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2409898
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B, qui contestait la taxe annuelle sur les logements vacants due pour 2023. Le requérant soutenait que la vacance de son appartement était indépendante de sa volonté, faute d’acquéreur ou de locataire malgré ses démarches. Le juge a estimé que ce moyen était insuffisamment étayé, faute de pièces justificatives ou de précisions sur les démarches alléguées. La décision a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative et des articles 232 et suivants du code général des impôts.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe annuelle sur les logements vacants à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2023 à raison d'un appartement sis 4B rue Desfossez à Saint-Cloud (92).

Il soutient qu'en dépit de ses démarches, l'appartement en cause n'a trouvé ni acquéreur ni locataire.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts ;

- les décisions du Conseil constitutionnel n° 98-403 DC du 29 juillet 1998 et n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été assujetti au titre de l'année 2023 à la taxe annuelle sur les logements vacants à raison d'un appartement sis 4B rue Desfossez à Saint-Cloud. Après en avoir sollicité en vain le dégrèvement par voie de réclamation, l'intéressé réitère sa demande devant le juge de l'impôt.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".

3. Aux termes de l'article 232 du code général des impôts, relatif à la taxe annuelle sur les logements vacants, applicable à l'espèce : " () II. - La taxe est due pour chaque logement vacant depuis au moins une année, au 1er janvier de l'année d'imposition () / III. - La taxe est acquittée par le propriétaire, l'usufruitier, le preneur à bail à construction ou à réhabilitation ou l'emphytéote qui dispose du logement depuis le début de la période de vacance mentionnée au II () / VI. - La taxe n'est pas due en cas de vacance indépendante de la volonté du contribuable () ". Il résulte de ces dispositions, lues à la lumière des réserves d'interprétation émises par le Conseil constitutionnel dans ses décisions susvisées du 29 juillet 1998 et du 29 décembre 2012 que la taxe sur les logements vacants ne saurait être appliquée à des logements qui ne pourraient être rendus habitables qu'au prix de travaux importants et dont la charge incomberait nécessairement à leur détenteur ni à des logements dont la vacance est imputable à une cause étrangère à la volonté du bailleur.

4. M. B, qui ne conteste pas la vacance du logement litigieux, allègue que, malgré ses démarches, aucun acquéreur ou locataire n'a été trouvé. Toutefois, et alors que sa réclamation a été rejetée par l'administration au motif de l'absence de justificatifs probants, M. B, seul à même de pouvoir apporter de tels justificatifs, ne produit aucune pièce à l'appui de ses allégations ni même aucun détail des démarches prétendument entreprises pour vendre ou louer le bien en cause. Ainsi, le moyen tiré de ce que la vacance de ce bien serait indépendante de la volonté de l'intéressé n'est manifestement assorti ni d'éléments susceptibles de venir à son soutien ni même de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter la requête de M. B par application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Fait à Cergy-Pontoise, le 11 octobre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. HUON

La République mande et ordonne au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.