Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410297

mercredi 5 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2410297
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme B contestant le refus du conseil départemental des Hauts-de-Seine de lui accorder l’allocation aux adultes handicapés et la carte mobilité inclusion. La requête a été jugée manifestement irrecevable car Mme B n’a pas produit, malgré une demande de régularisation, la décision attaquée ni la preuve d’un recours administratif préalable obligatoire prévu par l’article L. 262-47 du code de l’action sociale et des familles. L’ordonnance se fonde sur les articles R. 222-1, R. 612-1 et R. 412-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance de renvoi du 8 janvier 2024, le président du tribunal judiciaire de Nanterre a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête enregistrée le 12 septembre 2023 sous le n° RG 23/01913.

Par cette requête, enregistrée le 1er juillet 2024 au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, Mme A B demande au tribunal l'annulation de la décision du 21 juillet 2023 par laquelle le conseil départemental des Hauts-de-Seine lui a refusé le bénéfice de l'allocation aux adultes handicapés ainsi que la délivrance d'une carte " mobilité inclusion " comportant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Vu la demande de régularisation adressée par le Tribunal le 18 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative ;

- le code de l'action sociale et des familles.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ". Aux termes de l'article R. 612-1 du code de justice administrative : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () / La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

2. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. Cet acte ou cette pièce doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagné d'une copie ".

3. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. ". Il résulte de ces dispositions que la personne qui entend contester une décision relative au revenu de solidarité active doit obligatoirement, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable devant l'autorité compétente. Seule la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable obligatoire, qui se substitue à la décision initiale, est susceptible d'être déférée devant le tribunal.

4. Par un courrier recommandé avec accusé de réception adressé à Mme B le 18 juillet 2024 et présenté le 24 juillet 2024, le tribunal l'a invitée à régulariser son recours dans un délai d'un mois à compter de la réception de ce courrier d'une part en produisant soit la décision attaquée soit la pièce justifiant la date du dépôt de sa demande auprès de l'administration, d'autre part en produisant une copie de son recours préalable formé à l'encontre de la décision attaquée, dans un délai d'un mois. Ce pli est réputé avoir été régulièrement notifié à Mme B le 24 juillet 2024. En dépit de cette demande de régularisation, Mme B n'a produit ni la décision attaquée, ni une copie de son recours préalable dans le délai qui lui était imparti. Par suite, sa requête, qui n'a pas été régularisée, est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Cergy, le 5 février 2025.

Le Président,

Signé

F. Beaufaÿs

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.