Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412088
jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412088 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 août 2024, Mme A B demande au tribunal d'annuler les décisions implicites par lesquelles le conseil départemental des Hauts-de-Seine a, sur recours administratif préalable obligatoire, refusé de lui reconnaitre la qualité de travailleur handicapé et de lui délivrer une carte mobilité inclusion mention " invalidité ".
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ". Aux termes de l'article R. 772-6 du même code : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".
2. Aux termes, d'autre part, de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".
Sur les conclusions dirigées contre le refus de délivrance d'une carte mobilité inclusion mention " invalidité " :
3. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : () 9° Aux décisions du président du conseil départemental mentionnées à l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles relatives aux mentions " invalidité " et " priorité " ". Selon l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " () V bis - Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l'objet d'un recours devant le juge judiciaire lorsque la demande concerne la mention " invalidité " ou " priorité " de la carte ".
4. Il résulte des dispositions citées au point 3 que les conclusions de Mme B dirigées contre la décision lui refusant la délivrance d'une carte de mobilité inclusion mention invalidité relèvent de la compétence du tribunal judiciaire. Dans ces conditions, la présente requête doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction manifestement incompétent pour en connaître en application des dispositions précitées du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions dirigées contre le refus de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé :
5. Si Mme B, qui se borne à soutenir qu'elle a présenté une demande tendant à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé sans avoir de réponse et qu'elle souhaite obtenir une réponse à cette demande, peut être regardée comme demandant l'annulation de la décision implicite lui refusant la reconnaissance de cette qualité, elle ne développe aucun moyen à l'appui de ce qui. En application des dispositions de l'article R. 772-6 du code justice administrative, la requérante a été informée, par courrier du 23 aout 2024, de la nécessité de soumettre au juge administratif une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaîtrait ses droits au moyen notamment du formulaire prévu à cet effet, et a été informée qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai de 30 jours qui lui était imparti. A l'issue de ce délai, la requérante n'a toutefois produit aucune écriture complémentaire d'apprécier le bien-fondé de sa demande. Par suite, les conclusions de la requête de Mme B, dirigées contre la décision implicite par laquelle la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande portant sur une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, qui ne sont assorties d'aucun moyen, peuvent être rejetées par application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme B dirigées contre la décision implicite lui refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion mention " invalidité " sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie en sera adressée au département et à la maison départementale des personnes handicapées des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 19 décembre 2024.
La vice-présidente,
Signé
H. Lepetit-Collin
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.