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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2413214

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413214

mardi 28 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2413214
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantALAIMO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2024 sous le n°2413214, M. B A, représenté par Me Alaimo, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 16 août 2024 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français sans délai à destination du pays dont il a la nationalité ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de réexaminer sa situation et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour, dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- cette décision méconnait les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la menace à l'ordre public n'est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2024, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

II. Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2024 sous le n°2413220, M. B A, représenté par Me Alaimo, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 16 août 2024 par lequel le préfet de police de Paris a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il méconnait l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2024, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu :

- l'arrêt n°23VE00886 de la cour administrative d'appel de Versailles du 5 décembre 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Beauvironnet, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant guinéen né le 16 mai 1982 à Conakry, est entré en France en septembre 2000 selon ses déclarations. Il a bénéficié de plusieurs titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dont le dernier était valable jusqu'au 28 janvier 2020. Par deux requêtes n°2413214 et n°2413220, il demande au tribunal l'annulation des arrêtés en date du 16 août 2024 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

2. Les requêtes n°2413214 et n°2413220 présentées pour M. A présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêt n°23VE00886 du 5 décembre 2024, la cour administrative d'appel de Versailles a annulé l'arrêté du 29 juillet 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté la demande de renouvellement de la carte de résident de M. A et a enjoint au préfet compétent de procéder à ce renouvellement dans un délai de deux mois à compter de la notification de cet arrêt. Cette décision, qui a un caractère recognitif, est réputée rétroagir à la date de l'arrêté annulé du 29 juillet 2021. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police de Paris aurait abrogé les décisions attaquées du 16 août 2024 ayant fait obligation à M. A de quitter sans délai le territoire français à destination du pays dont il a la nationalité et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par suite, l'intervention de l'arrêt du 5 décembre 2024 annulant l'arrêté par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler la carte de résident de M. A fait obstacle à ce qu'il puisse légalement faire l'objet d'une mesure d'éloignement.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes n°2413214 et 2413220, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 août 2024 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français et, par voie de conséquence, celle de la décision lui refusant un délai de départ volontaire contenue dans le même arrêté et de l'arrêté du 16 août 2024 par lequel le préfet de police de Paris lui a interdit de revenir sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

6. Compte tenu de ce qui a été dit au point 4, la cour administrative d'appel de Versailles ayant enjoint au préfet compétent de procéder au renouvellement de la carte de résident de M. A par un arrêt n°23VE00886 du 5 décembre 2024, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au préfet de police de Paris de réexaminer la situation de l'intéressé. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 16 août 2024 par lequel le préfet de police de Paris a obligé M. A à quitter le territoire français sans délai à destination du pays dont il a la nationalité et l'arrêté du 16 aout 2024 par lequel le préfet de police de Paris a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an sont annulés.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes n°2413214 et 2413220 est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police de Paris.

Délibéré après l'audience du 10 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Edert, présidente,

Mme Chaufaux, première conseillère,

Mme Beauvironnet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.

La rapporteure,

E. Beauvironnet

La présidente,

S. Edert

La greffière,

L. Gaignon

La République mande et ordonne au préfet de Police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2 et 2413220

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