Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413225

lundi 16 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2413225
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B, ressortissante burundaise, qui demandait d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui permettre de déposer ou retirer son titre de séjour étudiant, ou de lui délivrer un récépissé. Le juge a estimé que la demande de dépôt était sans objet, que la demande de retrait n’était pas justifiée, et que la délivrance d’un récépissé ferait obstacle à l’exécution de la décision implicite de rejet née du silence de l’administration, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 13 septembre 2024, 7 octobre 2024 et 9 octobre 2024, Mme A B, assistée de Me Hellenberger demande, dans le dernier de ses écritures, au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui permettre de déposer son dossier de renouvellement, de retirer sa carte renouvelée et/ ou lui fournir un récépissé, sous 48H sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai de 48 heures.

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'expiration de son titre de séjour puis de son récépissé la placent dans l'impossibilité de poursuivre ses études ;

- la mesure est utile dès lors que, sans renouvellement de son titre, elle ne pourra pas conclure de contrat d'alternance suite au stage qu'elle a effectué ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par des mémoires en défense enregistrés les 26 septembre 2024 et 9 octobre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requérante ne justifie pas d'une situation d'urgence et qu'elle a produit un dossier incomplet témoignant son manque de diligences.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chabrol, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante du Burundi, née le 13 octobre 1993, soutient qu'elle ne parvient pas à obtenir le renouvellement de son titre de séjour étudiant. L'intéressée demande, par la présente requête, au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, tout à la fois, d'enjoindre au préfet de lui permettre de déposer son dossier de renouvellement, de retirer sa carte renouvelée et/ ou lui fournir un récépissé, sous 48H sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai de 48 heures.

2. Il résulte des dispositions de l'article L. 521-3 du code justice administrative que le juge des référés, saisi d'une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

3. En application de l'article L. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour ne préjuge pas de la décision définitive qui sera prise au regard du droit au séjour. En outre, en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du même code, le silence gardé par l'administration pendant plus de quatre mois sur une demande de titre de séjour vaut décision implicite de rejet de cette demande. Il résulte de ces dispositions que la circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour pendant une durée supérieure à quatre mois ne fait pas obstacle à ce qu'une décision implicite de rejet naisse du silence gardé par l'administration pendant quatre mois à compter de la demande de séjour de l'intéressé.

4. Il résulte de l'instruction que Mme B a pu déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour auprès de la préfecture des Hauts-de-Seine ainsi que cela résulte de l'attestation de prolongation d'instruction valable du 9 janvier 2024 au 8 avril 2024 et de la délivrance d'un récépissé le 15 mai 2024 qui expirait le 14 aout 2024. Il suit de là qu'elle n'est pas fondée à demander qu'il soit fait injonction au préfet de lui permettre de déposer sa demande de renouvellement. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait été informée de la fabrication de son titre et de la possibilité de le retirer prochainement. Il suit de là que sa deuxième demande d'injonction ne peut qu'être rejetée. Enfin, l'autorité administrative doit être regardée, en application des dispositions citées au point précédent, comme ayant implicitement rejeté cette demande de titre de séjour à l'expiration d'un délai de quatre mois suivant la délivrance du récépissé précité. Il suit de là que la dernière mesure sollicitée par Mme B, tendant à ce que le préfet de des Hauts de Seine lui délivre un nouveau récépissé aurait pour effet de faire obstacle à l'exécution de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait, à Cergy, le 16 décembre 2024

Le juge des référés

signé

C. Chabrol

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.