Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413444
lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2413444 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 septembre 2024, M. A C B, représenté par Me Scalbert, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision de refus de titre de séjour édictée par le préfet des Hauts-de-Seine le 17 juillet 2024 ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à Monsieur B, dans l'attente du jugement à intervenir, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail et de réexaminer sa situation dans un délai de 48 heures suivant l'ordonnance, sous peine d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 € au titre des frais engagés pour l'instance à verser à son conseil, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, et dans l'hypothèse où elle ne lui serait pas accordée, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros au titre de l'article
L 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors que la décision attaquée le place dans une situation irrégulière, l'empêchant de conclure un contrat d'apprentissage nécessaire à la validation de son CAP et qu'elle s'apparente à un refus de renouvellement dans la mesure où il résidait régulièrement sur le territoire français avant sa majorité sans avoir l'obligation de disposer d'un titre de séjour.
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :
- il est entaché d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;
- il est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- il est entaché d'un vice de procédure tiré de l'absence de saisine préalable de la commission du titre de séjour ;
- il est entaché d'erreurs de fait ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et soutient, d'une part, que les conclusions afférentes à l'obligation de quitter le territoire sont irrecevables et, d'autre part, que, s'agissant du refus de titre de séjour, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2413449, enregistrée le 18 septembre 2024 tendant à l'annulation de la décision attaquée ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d'audience :
- le rapport de M. Lamy, juge des référés ;
- les observations orales de Me Scalbert, représentant M. B.
Le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent ni représenté.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant Tunisien, né le 15 juillet 2006, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision en date du 17 juillet 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article
L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les conclusions tendant à la suspension de la décision portant refus de renouvellement d'un titre de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, " quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. Aucun des moyens invoqués par M. B à l'appui de sa demande de suspension tels qu'énoncés dans les visas de la présente ordonnance, n'est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Il suit de là que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence et sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, il y a lieu de rejeter la requête de M. B dans toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copies-en sera transmise au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 7 octobre 2024
Le juge des référés,
Signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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