Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413820
vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2413820 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrés le 24 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Morel, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de refus de séjour prise par le Préfet des Hauts-de-Seine le 15 février 2024, notifiée par voie administrative le 16 mai 2024 ;
2°) d'enjoindre à toute autorité administrative compétente de réexaminer sa situation de et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de deux jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'urgence :
- l'urgence est présumée en cas de refus de renouvellement de titre de séjour, alors qu'au surplus elle vient d'être licenciée faute de titre de séjour ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée tenant à son insuffisante motivation, à un défait d'examen, à l'absence de saisine de la commission du titre de séjour, à l'impossibilité de vérifier l'existence et les mentions de l'avis du collège des médecins de l'OFII, l'incompétence des médecins signataires de l'avis médical, l'impossibilité de vérifier que le médecin ayant établi le rapport médical n'a pas siégé au sein du collège des médecins de l'OFII, 'impossibilité de vérifier l'existence et les mentions du rapport du médecin de l'OFII, sa transmission au collège des médecins pour avis, et l'impossibilité de vérifier la compétence du médecin ayant rédigé le rapport médical, à l'erreur de droit quant à l'absence de compétence liée et à la méconnaissance des articles L. 425-9, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et des apatrides et des 2, 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et à une erreur manifeste d'appréciation
Vu :
- les autres pièces du dossier,
- la requête n° 2408657, enregistrée le 14 juin 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision litigieuse.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lamy pour statuer sur les demandes de référés.
Au cours de l'audience publique tenue le 11 octobre 2024, en présence de Mme Bouayyadi, greffière d'audience, M. Lamy a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Morel, représentant Mme B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
1. Mme B, ressortissante camerounaise, née le 21septembre 1979, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour en date du 16 mai 2024.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (). ".
3. Précision étant faite que, s'agissant d'un refus de renouvellement de titre séjour l'urgence doit être présumée en l'absence de tout élément produit en défense permettant de la lever, les moyens tirés de l'existence de vies de procédure affectant l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation quant à la disponibilité au Cameroun du traitement adapté à la situation médicale particulière de la requérante sont propres, eu égard aux éléments produits par la requérante et à l'absence de toute défense au fond du préfet des Hauts-de-Seine, à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué. Il suit de là qu'il y a lieu de suspendre l'exécution du refus de renouvellement de son titre de séjour prise en date 15 février 2024, notifiée par voie administrative le 16 mai 2024 et d'enjoindre au Préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir. Il n'y a pas lieu en l'état d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais irrépétibles :
4. Dans les circonstances de l'espèce, l'Etat versera à Mme B une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté portant refus de renouvellement du titre de séjour de Mme B en date du 15 février 2024, notifiée par voie administrative le 16 mai 2024, est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au Préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer la situation de Mme B et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.
Copies-en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 11 octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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No 2413820
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