Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413821

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2413821
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête en référé suspension de M. B, ressortissant congolais, qui contestait le refus de renouvellement de son titre de séjour étudiant par le préfet des Hauts-de-Seine. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (incompétence, vice de procédure, défaut de motivation, erreur manifeste d'appréciation, méconnaissance des articles L. 422-1 et L. 423-23 du CESEDA et de l'article 8 de la CEDH) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La condition d'urgence n'a pas été examinée. La décision est fondée sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Mesureur, demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 20 août 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé le renouvellement de son titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation provisoire de travail, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, dans l'attente du jugement du recours en annulation contre le refus de renouvellement de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français et l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an en date du 20 août 2024 ;

3°) d'enjoindre au préfet de Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'irrégularité de son séjour le place dans une situation de grande précarité ;

- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;

* elle est entachée d'un vice de procédure tiré de l'absence de saisine de la commission de titre de séjour ;

* elle est entachée d'une absence de motivation ;

* elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle et professionnelle ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 octobre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2413536, enregistrée le 19 septembre 2024, par laquelle M. B demande l'annulation de l'arrêté attaqué.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 15 octobre 2024 à

15 heures.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de

Mme Soulier, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Richard, juge des référés ;

- les observations de Me Mesureur, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens ;

- et les observations de M. B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant congolais né le 21 juillet 1998, est entré en France en 2008 muni d'un visa court séjour. Après avoir été muni de titres de séjour portant la mention " étudiant ", il s'est vu délivrer en dernier lieu une autorisation provisoire de séjour portant la mention " étudiant en recherche d'emploi " qui a expiré le 15 septembre 2023. Le 11 août 2023, il a sollicité une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Par une décision du 20 août 2024, dont M. B demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité.

Sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens rappelés dans les visas de la présente ordonnance n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, il y a lieu de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 17 octobre 2024.

La juge des référés,

signé

A. Richard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.