Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413823
vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2413823 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Siras, demande au juge des référés statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) à titre principal, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 3 juillet 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de renouveler son titre de séjour et ordonné son expulsion du territoire français ainsi que l'arrêté du 19 juillet 2024 par lequel il l'a assigné à résidence ;
2°) à titre subsidiaire, de suspendre les décisions ordonnant la remise de ses documents de voyages, l'obligeant à se présenter au commissariat de Nanterre afin de faire constater qu'il respecte la mesure d'assignation à résidence dont il a fait l'objet et lui interdisant de sortir du département des Hauts-de-Seine ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur d'ordonner au consulat de France à Abidjan de lui délivrer un visa de retour en France, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la présomption d'urgence s'applique en matière de refus de renouvellement de titre de séjour ;
- plusieurs moyens sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des arrêtés attaqués :
* l'arrêté du 3 juillet 2024 est entaché d'un vice de compétence ;
* il est insuffisamment motivé ;
* il méconnaît les dispositions de l'article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* il méconnaît le principe général du droit de mener une vie familiale normale ;
* il méconnaît les stipulations des articles 3-1 et 3-9 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
* il est entaché d'une erreur de droit dès lors que le préfet des Hauts-de-Seine s'est cru à tort en situation de compétence liée ;
* il est entaché d'une erreur de qualification juridique des faits de " menace grave et actuelle l'ordre public " et méconnaît l'article L. 631-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
* il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;
* la décision portant assignation à résidence doit être suspendue dès lors qu'elle est fondée sur un arrêté illégal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer sur la requête et, à titre subsidiaire, au rejet de celle-ci.
Il soutient que :
- le requérant ayant été expulsé en Côte-d'Ivoire le 25 août 2024, il n'y a plus lieu de statuer sur la requête ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens soulevés dans la requête n'est susceptible de faire naître un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête n° 2411838, enregistrée le 13 août 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté attaqué.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 10 octobre 2024 à
14 heures 30.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de
Mme Bouayyadi, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Richard, juge des référés ;
- et les observations de Me Siras, représentant M. A.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant ivoirien, né le 9 août 1978 en Côte d'Ivoire, déclare être entré régulièrement en France le 4 février 2000. Il a été titulaire d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " délivré le 19 mars 2010 et valable jusqu'au
18 mars 2011. Par la suite, M. A a sollicité le renouvellement de son titre de séjour et a obtenu plusieurs récépissés dont le dernier a expiré le 19 juin 2024. Par un arrêté du 3 juillet 2024 le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour et a ordonné son expulsion du territoire français. Par un second arrêté du 19 juillet 2024, il l'a assigné à résidence. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de ces deux arrêtés.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens invoqués par M. A à l'appui de sa demande de suspension tels qu'énoncés dans les visas de la présente ordonnance, n'est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées.
4. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'exception de non-lieu soulevée en défense et sur la condition d'urgence, les conclusions présentées par M. A à fin de suspension de l'exécution de l'arrêté du 3 juillet 2024 le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour et a ordonné son expulsion du territoire français et de l'arrêté du 19 juillet 2024 portant assignation à résidence, doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions de sa requête aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 11 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
A. Richard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0
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