Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2414648

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2414648
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a pris acte du désistement partiel de M. B, qui renonçait à ses demandes de suspension et d’injonction après que le préfet lui a délivré une attestation de prolongation d’instruction. Le juge a condamné l’État à verser 700 euros à M. B au titre des frais de justice, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. La requête portait initialement sur le refus implicite de renouvellement d’une carte de séjour pluriannuelle pour un bénéficiaire de la protection subsidiaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Pouly, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise a implicitement refusé le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " assortie d'une autorisation de travail, dans un délai de 8 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est en principe constatée dès lors qu'il s'agit d'un refus de renouvellement de son droit au séjour ; qu'en outre, il ne peut bénéficier des droits sociaux afférents à son statut, ni même travailler pour le financement de ses études ;

- la décision attaquée, qui est une décision implicite de rejet en application des articles L. 424-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est entachée d'un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, tiré de la méconnaissance des articles L. 424-11 et R. 424-7 du même code, dès lors qu'il doit bénéficier de plein droit d'une carte de séjour pluriannuelle et qu'aucun motif tiré de la sauvegarde de l'ordre public ne lui a été opposé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer suite à la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction remise au requérant et valable jusqu'au 15 janvier 2025.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 29 octobre 2024 à 14 heures.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Richard, juge des référés ;

- les observations de Me Pouly, représentant M. B.

Par un mémoire, enregistré le 29 octobre 2024, M. B se désiste partiellement de sa requête et n'entend maintenir que ses conclusions au titre des frais liés à l'instance.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 31 octobre 2024 à 11 heures.

Le rapport de Mme Richard, juge des référés, a été entendu au cours de l'audience publique.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2414658, enregistrée le 10 octobre 2024, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un mémoire enregistré le 29 octobre 2024, M. B a informé le tribunal de son désistement de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction. Ce désistement partiel est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 700 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par M. B.

Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 700 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera transmise au préfet du Val-d'Oise

Fait à Cergy, le 31 octobre 2024.

La juge des référés,

Signé

A. Richard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2414648