Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2415421

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2415421
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B. Celle-ci demandait qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour. Le tribunal a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, dès lors que Mme B s'était vu délivrer une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 11 février 2025, lui permettant de justifier de la régularité de son séjour et de poursuivre son activité professionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 octobre 2024, Mme A B, représentée par

Me Nessah demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une convocation afin qu'elle puisse être mise en possession d'un récépissé de demande de renouvellement de carte séjour, dans le délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, et de procéder à l'examen de sa demande de renouvellement de carte de séjour dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa demande est urgente dès lors qu'elle vise au renouvellement de son titre de séjour, sollicité sur l'ANEF le 20 juin 2024 bien avant son expiration, qu'elle se trouve dans l'incapacité de justifier de son droit au séjour en cas de contrôle d'identité et qu'elle est empêchée de travailler depuis le 17 octobre 2024, son contrat ayant été suspendu par son employeur ;

- la mesure sollicitée est utile et ne se heurte à aucune contestation ;

- elle ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 novembre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il fait valoir que Mme B s'est vue délivrer le 27 septembre 2024 une attestation de prolongation de son droit au séjour valable du 12 novembre 2024 au 11 février 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Louvel, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante algérienne née le 2 avril 1990, a été mise en possession d'un certificat de résidence algérien " vie privée et familiale " valable du 18 octobre 2023 au

17 octobre 2024. Elle indique avoir sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 20 juin 2024 et rester, depuis cette date, sans nouvelle des suites données à sa demande, en dépit des relances adressées à la préfecture pour connaître l'état d'avancement de son dossier. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous dans un délai de 48 heures afin qu'elle puisse se voir remettre un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour et de procéder à l'examen de sa demande de renouvellement de carte de séjour dans un délai d'un mois.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

3. Eu égard aux conséquences sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B dispose depuis le 27 septembre 2024, d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour valable du 12 novembre 2024 au 11 février 2025. Cette attestation justifie de la régularité du séjour de Mme B en France jusqu'au 11 février 2025 ainsi que du maintien de l'ensemble des droits ouverts en raison de son précédent titre de séjour. Elle l'autorise, en outre, à poursuivre son activité professionnelle. Dans ces conditions, la demande de Mme B ne répond pas à la condition d'urgence requise par l'article L. 521-3 du code de justice administrative, dont les dispositions sont rappelées au point 2.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait, à Cergy, le 9 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

T. Louvel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.