Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2415428

jeudi 20 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2415428
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B qui demandait d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, la requérante ne démontrant pas l'incidence immédiate et concrète du dysfonctionnement allégué sur sa situation, d'autant que son dossier était toujours en cours d'instruction. La solution retenue est le rejet de la demande par ordonnance motivée, sans audience préalable, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 octobre 2024, Mme B demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui octroyer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, dans un délai de trois jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer un récépissé dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle est placée dans une situation d'insécurité juridique depuis près de deux années et s'expose à un risque d'interpellation et de mesure d'éloignement, alors qu'elle réside en France de manière ininterrompue depuis l'année 2015 et exerce une activité professionnelle depuis l'année 2018 ;

- la mesure sollicitée est utile, dès lors qu'il est porté atteinte à ses droits élémentaires, notamment celui de solliciter la régularisation de sa situation et de bénéficier d'un rendez-vous, ainsi qu'à sa liberté d'aller et venir et à sa vie privée et familiale, traduisant un accès inégal au service public ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gabarda, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En outre, en raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Pour justifier de l'urgence à prononcer la mesure d'injonction sollicitée,

Mme B se borne à soutenir que le défaut de réponse de l'administration à sa demande de titre de séjour la maintient en situation précaire sur le territoire français et porte atteinte à ses droits élémentaires. Toutefois, Mme B qui n'établit pas avoir séjourné de manière régulière sur le territoire français et sollicite une régularisation de son droit au séjour au titre de l'admission exceptionnelle au séjour ne démontre pas l'incidence immédiate et concrète du dysfonctionnement administratif allégué sur sa situation et ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle d'obtenir rapidement un rendez-vous alors au demeurant que les pièces produites à l'appui du recours permettent d'établir que son dossier de demande d'admission exceptionnelle au séjour déposé le 4 mai 2024 est toujours en cours d'instruction par l'administration. Par suite, la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée, n'est pas remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que l'ensemble des conclusions de la requête doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Cergy, le 20 février 2025.

Le juge des référés

Signé

O. Gabarda

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.