Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2415982

mardi 17 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2415982
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. A, qui demandait la condamnation de la CAF du Val-d'Oise à lui verser 3 386,34 euros en réparation d'un préjudice matériel lié à un indu d'allocation aux adultes handicapés (AAH). La juridiction s'est déclarée incompétente, estimant que le litige portait sur les conditions d'attribution et de gestion de l'AAH, relevant de la compétence du juge judiciaire (contentieux technique de la sécurité sociale) en application des articles L. 821-5 et L. 241-9 du code de l'action sociale et des familles. La requête a été rejetée comme portée devant une juridiction incompétente, sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Pinguet, demande au tribunal :

1°) de condamner la caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise à lui verser la somme de 3 386,34 euros en réparation du préjudice matériel qu'il a subis du fait des fautes de la CAF lors du contrôle de sa situation en qualité d'allocataire de l'allocation aux adultes handicapées (AAH) ;

2°) de mettre à la charge de la CAF du Val-d'Oise la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- la décision du 20 novembre 2023 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis M. A à l'aide juridictionnelle totale ;

- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de l'organisation judiciaire ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2015-233 du 27 février 2015 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () ".

2. D'une part, aux termes du 1er alinéa de l'article L. 821-1 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant sur le territoire métropolitain () et dont l'incapacité permanente est au moins égale à un pourcentage fixé par décret perçoit, dans les conditions prévues au présent titre, une allocation aux adultes handicapés ". Aux termes de l'article L. 821-5 de ce même code, inséré dans le titre du code intitulé " Allocation aux adultes handicapés " : " Les différends auxquels peut donner lieu l'application du présent titre et qui ne relèvent pas d'un autre contentieux sont réglés suivant les dispositions régissant le contentieux de la sécurité sociale ". Aux termes du I de l'article L. 241-6 de ce code : " I.- La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : () 3° Apprécier : a) Si l'état ou le taux d'incapacité de la personnes handicapée justifie l'attribution () pour l'adulte, de l'allocation prévue aux articles L. 821-1 et L. 821-2 du code de la sécurité sociale et du complément de ressources prévu à l'article L. 821-1-1 du même code () 4° Reconnaître, s'il y a lieu, la qualité de travailleur handicapé aux personnes répondant aux conditions définies par l'article L. 323-10 du code du travail ; () ". Aux termes de l'article L. 241-9 du même code : " Les décisions relevant () des 2°, 3° et 5° du I de l'article L. 241-6 peuvent faire l'objet de recours devant la juridiction du contentieux technique de la sécurité sociale () Les décisions relevant des 1° et 2° du I du même article, prises à l'égard d'un adulte handicapé dans le domaine de la rééducation professionnelle, du travail adapté ou protégé, et du 4° du I dudit article peuvent faire l'objet d'un recours devant la juridiction administrative ".

3. Il résulte de ces dispositions que les litiges relatifs à l'AAH, relèvent de la compétence de la juridiction du contentieux technique de la sécurité sociale. Ils ne ressortissent donc pas de la compétence de la juridiction administrative.

4. Au cas particulier, M. A a saisi la CAF du Val-d'Oise le 27 juin 2024 d'un recours préalable indemnitaire par lequel il réclame paiement de la somme de 3 386 euros, correspondant à la somme des retenues opérées par la CAF sur le versement de l'AAH dont il est allocataire en vue d'obtenir le remboursement d'un indu de cette allocation. En l'absence de réponse à sa réclamation, M. A a saisi le tribunal administratif en vue d'obtenir la condamnation de la CAF à lui payer cette somme en raison des fautes commises par la CAF dans l'appréciation de sa situation lors du contrôle qu'il a subi et qui a abouti à mettre à sa charge un indu d'AAH dont il estime ne pas être redevable. Dès lors, le litige indemnitaire de M. A porte sur les conditions d'attribution et de gestion de l'AAH par la CAF du Val-d'Oise et relève du seul juge judiciaire. Par suite, les conclusions indemnitaires de M. A doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente, par application des dispositions précitées du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Par ces motifs, le tribunal ordonne :

Article 1er: La requête de M. A est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Pinguet.

Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise et au département du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 17 décembre 2024

La magistrate désignée,

Signé

M. Monteagle

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.