Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2416424

mercredi 20 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2416424
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la demande de Mme B visant à suspendre le refus de regroupement familial opposé par le préfet des Hauts-de-Seine le 5 janvier 2024. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, malgré l'isolement des enfants en Centrafrique et l'effacement d'une mention au TAJ, faute d'éléments nouveaux sur leurs conditions de vie ou d'obstacles à des visites. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans examen des moyens soulevés (erreur manifeste d'appréciation, méconnaissance des articles L. 434-7 du CESEDA, 8 de la CEDH et 3-1 de la CIDE).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2024, Mme A B, représentée par Me Chayé, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 5 janvier 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de faire droit à sa demande de regroupement familial ;

2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

Elle soutient que :

- l'urgence est caractérisée, en particulier eu égard aux éléments nouveaux produit depuis le rejet de son premier référé-suspension et de l'isolement de ses enfants en Centrafrique

- les moyens suivants sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

* la décision attaquée est entachée d'un défaut de base légale au regard de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* la décision attaquée méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* la décision attaquée méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Vu :

- l'ordonnance n° 2403747 du 19 mars 2024 rendue par le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. d'Argenson, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Pour justifier de la situation d'urgence et de la nécessité de prononcer l'injonction sollicitée, Mme B qu'elle est entrée en France le 14 mai 2014, qu'elle est titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 21 août 2033, qu'elle a été engagée dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, depuis le 2 septembre 2019, en qualité de chargée de recouvrement amiable et que ses deux enfants, nés en 2007 et 2009 et qui font l'objet de sa demande de regroupement familial, refusée par la décision en litige du 5 janvier 2024, sont isolés en Centrafrique. Toutefois, cette mesure a déjà fait l'objet d'un référé suspension qui a été rejeté par un jugement du 19 mars 2024. Si Mme B invoque un élément nouveau à l'appui du présent recours, à savoir l'effacement d'une précédente mention au TAJ qui avait été retenue à son encontre pour motiver le refus de sa demande de regroupement familial, cette seule circonstance est sans influence en l'espèce sur l'appréciation de la condition d'urgence, dès lors que l'intéressée n'apporte, pas plus que dans la précédente instance, aucun élément sur les conditions de vie de ses enfants dans leur pays d'origine depuis son départ, et ne fait état d'aucun obstacle à leur rendre visite dans l'attente de l'intervention du jugement au fond. Dans ces conditions, l'existence d'un préjudice grave et immédiat qui résulterait de l'exécution de la décision attaquée nécessitant qu'il soit prononcé à bref délai une mesure provisoire de suspension n'est pas établi.

3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Cergy, le 20 novembre 2024.

Le juge des référés

signé

P.-H. d'Argenson

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.