Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2416551
lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2416551 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2024, Mme B A, représentée par Me Cardoso, demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 21 octobre 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer, sans délai, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail ou, à défaut, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant l'examen de sa demande de renouvellement de carte de séjour pluriannuelle, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors qu'il s'agit d'un refus de renouvellement de titre de séjour, qu'en l'absence de document établissant son droit au séjour, elle est placée dans une situation de précarité administrative et économique extrême et se retrouve dans l'impossibilité de mener une vie privée et familiale normale, empêchant la poursuite de ses études et l'intégration dans une entreprise en alternance ; en outre, elle risque d'être dépourvue de revenus, ne pouvant subvenir à l'ensemble de ses besoins et charges liées à son logement, dès lors qu'elle ne peut exercer une activité professionnelle ;
- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :
S'agissant de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :
- elle est entachée d'une incompétence en l'absence de délégation de signature ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle, constituant une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 9 de l'accord franco-togolais ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle doit être suspendue dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant refus de séjour illégale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que le préfet a porté une atteinte à son droit à une vie privée et familiale ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle doit être suspendue dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant refus de séjour illégale ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2416551, enregistrée le 18 novembre 2024, par laquelle Mme A demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- la convention franco-togolaise du 13 juin 1996 relative à la circulation et au séjour des personnes ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Pour justifier de l'urgence de sa situation, Mme A fait valoir qu'elle est placée dans une situation de précarité administrative et économique extrême et se retrouve dans l'impossibilité de mener une vie privée et familiale normale, dès lors que l'absence de titre de séjour empêche la poursuite de ses études en troisième année de licence en alternance et l'intégration dans une entreprise à compter du 1er décembre 2024. Par ailleurs, elle soutient également qu'elle ne peut pas subvenir à ses besoins et charges, dès lors qu'elle se trouve dans l'impossibilité d'exercer une activité professionnelle et de percevoir des revenus. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'intéressée ne peut se prévaloir de la présomption d'urgence, dès lors que son dernier titre de séjour est arrivé à expiration le 31 octobre 2023 et qu'elle n'en a sollicité le renouvellement que le 30 juin 2024, soit huit mois après, de telle sorte qu'elle doit être regardée comme s'étant elle-même placée dans la situation qu'elle invoque. En outre, la requérante ne conteste pas n'avoir suivi aucun cursus au cours de l'année universitaire 2023-2024. Dans ces conditions, Mme A ne saurait être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
3. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de Mme A en toutes ses conclusions par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Cergy, le 2 décembre 2024.
La juge des référés,
signé
A. Richard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.