Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2416692

mardi 15 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2416692
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B, un ressortissant tunisien, qui contestait un arrêté préfectoral du 18 novembre 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour d'un an. Le requérant invoquait sa résidence en France depuis 2021, son activité professionnelle et ses attaches familiales, mais le tribunal a jugé que ces allégations, non étayées par des pièces justificatives précises, ne permettaient pas d'apprécier le bien-fondé du moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation. En application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée comme ne comportant qu'un moyen manifestement insuffisamment précis.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2024, M. A B demande au tribunal :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 18 novembre 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an.

Il soutient qu'il réside en France depuis le 1er novembre 2021, qu'il y travaille et a de la famille.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2025, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. M. B, ressortissant tunisien né le 18 janvier 1998, serait entré en France au cours de l'année 2021. A la suite de son interpellation par les services de police le 17 novembre 2024, le préfet du Val-d'Oise, par un arrêté du 18 novembre 2024, a obligé M. B à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an. M. B demande l'annulation de cet arrêté du 18 novembre 2024.

3. M. B, en soutenant qu'il réside en France depuis le 1er novembre 2021, qu'il y travaille et qu'il a de la famille, doit être regardé comme soulevant le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'il emporte sur sa situation. Toutefois, en se prévalant de circonstances peu précises et non assorties de pièces justificatives, le requérant ne soumet au tribunal qu'un moyen qui n'est manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B ne comporte qu'un moyen de légalité interne qui n'est manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le délai de recours contentieux étant expiré, cette requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

ORDONNE :

Article 1er: M. B n'est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 15 juillet 2025.

Le président de la 10ème chambre,

signé

S. Ouillon

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.