Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2416706

mardi 31 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2416706
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. C, ressortissant péruvien, qui demandait d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer pour réexaminer sa situation administrative. Le juge a estimé que cette demande tendait en réalité à assurer l'exécution d'un arrêt de la cour administrative d'appel de Paris du 4 avril 2023, ce qui ne relève pas de la compétence du juge des référés statuant sur ce fondement. La requête a donc été rejetée comme mal fondée, sans examen de la condition d'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2024, M. C, représenté par Me Carrillo Cruz demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer en vue du réexamen de sa situation administrative sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous afin que sa situation administrative soit réexaminée conformément à l'injonction de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Paris du 4 avril 2023 le maintient dans une situation d'irrégularité au regard du droit au séjour, qui l'expose à faire l'objet d'une mesure d'éloignement, et le place dans une situation de précarité ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle apparait comme l'unique voie de droit pour défendre ses intérêts eu égard aux dysfonctionnements du service public ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Robert, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant péruvien né le 8 avril 1988, déclare être entré en France le 5 mars 2020. Par un arrêté du 20 janvier 2022, le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un jugement du 30 janvier 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Melun a rejeté la requête présentée par M. B contre cet arrêté. Par un arrêt N°23PA00622 du 4 avril 2023, la cour administrative d'appel de Paris a annulé le jugement précité, ainsi que l'arrêté du 20 janvier 2022, et a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer la situation administrative de l'intéressé dans un délai de deux mois à compter de la sa notification. En absence de convocation par le préfet des Hauts-de-Seine, M. B a, par deux courriers des 23 avril 2024 et 19 juillet 2024, saisi le président de la cour administrative d'appel de Paris d'une demande d'exécution de l'arrêt du 4 avril 2023. Par courrier du 28 août 2024, le président de la cour administrative d'appel de Paris a demandé au préfet des Hauts-de-Seine de justifier des mesures qui ont été prises pour assurer l'exécution de cet arrêt ou des raisons la retardant. Depuis cette date, M. B n'a eu aucun retour des services préfectoraux. Par la présente requête, l'intéressé demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer en vue du réexamen de sa situation administrative.

2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 dudit code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. () ".

4. Ainsi qu'il a été dit au point 1, il résulte de l'instruction que, par un arrêt du 4 avril 2023, la cour administrative d'appel de Paris a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de sa notification. Par suite, la demande du requérant d'enjoindre audit préfet de le convoquer pour réexaminer sa situation tend à l'exécution de l'arrêt du 4 avril 2023. Or, il ne relève pas de l'office du juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'assurer l'exécution de cet arrêt.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B, à qui il est loisible, s'il s'y croit fondé, de saisir le président de la cour administrative d'appel de Paris afin de connaitre l'état de sa demande d'exécution, doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 31 décembre 2024

Le juge des référés,

signé

M. Robert

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.