Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2416820

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2416820
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCABINET ENJEA AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de Mme B visant à suspendre l'arrêté du maire de Rueil-Malmaison du 17 octobre 2024 qui ne s'opposait pas à une déclaration préalable de travaux de surélévation d'une maison individuelle. La juge des référés a estimé qu'aucun des moyens soulevés par la requérante (incompétence, dossier incomplet, méconnaissance des articles UEd 7 et UEd 12 du PLU) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. En conséquence, la demande de suspension a été rejetée, sans qu'il soit nécessaire d'examiner la condition d'urgence. Les textes appliqués sont les articles L. 521-1 du code de justice administrative et les dispositions du code de l'urbanisme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrées le 22 novembre 2024 et le 5 décembre 2024, Mme D B, représentée par Me Palmieri, demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'arrêté n° 2024/2398 du 17 octobre 2024 par lequel le maire de la commune de Rueil-Malmaison ne s'est pas opposé à la déclaration préalable DP 92063 24 00380, déposée le 2 octobre 2024 par M. C A, concernant des travaux de surélévation d'une maison individuelle existante située au 55, rue d'Estienne d'Orves à Rueil-Malmaison ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Rueil-Malmaison la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- son intérêt à agir est fondé dès lors que le projet affectera les conditions d'occupation de son bien contigu au projet, que la surélévation prévue va modifier l'aspect de son bâtiment visible depuis sa parcelle ;

- l'urgence est présumée dès lors que l'acte attaqué concerne une décision d'autorisation de travaux en application des dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme et alors que les travaux ont débuté ;

- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :

* il a été pris par une autorité incompétente ;

* le dossier du pétitionnaire est incomplet, dès que le plan de masse joint au dossier ne satisfait pas aux exigences des articles R. 431-6 et R. 431-10 du code de l'urbanisme, que dès lors que les travaux impliquent des démolitions, il manque une demande de permis de démolir ainsi que les autres éléments requis relatifs à cette démolition, conformément aux dispositions des articles

R. 421-27, R. 431-36 et R. 431-21 du même code ;

* il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article UEd 7 du règlement du plan local d'urbanisme ;

* à titre subsidiaire, dans l'hypothèse où la commune se prévaudrait des dispositions du paragraphe 3.1.4 de l'article UEd 7 du PLU, elle excipe de l'illégalité de son illégalité compte tenu de sa rédaction, de son caractère automatique, et de absence de motif de dérogation au droit de l'urbanisme ;

* il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article UEd 12 du règlement du plan local d'urbanisme ;

* à titre subsidiaire, dans l'hypothèse où la commune se prévaudrait des dispositions du paragraphe 2.2. de l'article UEd 12 du PLU, elle excipe de l'illégalité de cet article qui déroge aux obligations légales applicables en matière de création d'aires de stationnement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2024, la commune de

Rueil-Malmaison, représentée par Me Cotillon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir de la requérante ;

- aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2416818, enregistrée le 22 novembre 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation de l'arrêté attaqué.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 5 décembre 2024 à

14 heures 30.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de

Mme Soulier greffière d'audience :

- le rapport de Mme Richard, juge des référés ;

- les observations de Me Rougeot, substituant Me Palmieri, pour Mme B ;

- et les observations de Me Deloum, substituant Me Cotillon, pour la commune de Rueil Malmaison.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Une note en délibéré, présentée par Mme B, a été enregistrée le 5 décembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, Mme B demande à la juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 de suspendre l'arrêté n° 2024/2398 du 17 octobre 2024 par lequel le maire de la commune de Rueil-Malmaison ne s'est pas opposé à la déclaration préalable DP92063 24 00380 concernant des travaux de surélévation d'un pavillon existant sis 55, rue d'Estienne d'Orves à Rueil-Malmaison.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués, tels qu'énoncés dans les visas de la présente ordonnance, n'est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

4. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions présentées par Mme B à fin de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Rueil-Malmaison, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme B une somme de 800 euros au titre des frais exposés par la commune de Rueil-Malmaison et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Mme B versera à la commune de Rueil-Malmaison une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B et à la commune de Rueil-Malmaison.

Fait à Cergy, le 6 décembre 2024.

La juge des référés

Signé

A. Richard

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°24168200