Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2416864

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2416864
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A, ressortissante algérienne, afin d’obtenir une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour et un examen accéléré de son dossier. Le tribunal constate que le préfet des Hauts-de-Seine a délivré l’attestation sollicitée le 26 novembre 2024, rendant sans objet cette partie de la requête. Concernant la demande d’examen sans délai, le juge estime que la condition d’urgence n’est pas établie, faute de circonstances particulières justifiant une mesure immédiate. Les conclusions accessoires sont également rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 novembre 2024, Mme B A, représentée par Me Guez Guez, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation de l'instruction, dès la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d'examiner sans délai sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est présumée dans sa situation en application de la jurisprudence du Conseil d'Etat n° 453391 du 9 juin 2022 ; elle est, en tout état de cause, satisfaite dès lors qu'à défaut de délivrance d'une attestation de prolongation de l'instruction, son contrat d'apprentissage risque d'être suspendu ne lui permettant plus de poursuivre sa formation, qu'elle se trouve en situation irrégulière au regard de son droit au séjour en France ;

- la mesure demandée est utile dès lors que le refus de lui délivrer l'attestation demandée ne lui permet pas de justifier de la régularité de son séjour et compromet sa liberté d'aller et venir, sa liberté d'entreprendre et le déroulé de son année universitaire ainsi que son avenir professionnel ;

- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Le préfet des Hauts-de-Seine a produit l'attestation de prolongation de l'instruction délivrée à la requérante, qui a été enregistrée le 26 novembre 2024.

Par une lettre du 28 novembre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que l'ordonnance à intervenir était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office, tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions présentées par Mme A à fin qu'il soit enjoint, sous astreinte, au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction dès lors qu'une telle attestation a été délivrée à l'intéressée le 26 novembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ouillon, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. Mme A, ressortissante algérienne née le 19 octobre 2001, a présenté, le 27 août 2024, une demande de renouvellement de son certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant " qui expirait le 20 novembre 2024. Mme A demande au juge des référés, en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, d'une part, de lui délivrer une attestation de prolongation de l'instruction et, d'autre part, d'examiner sans délai sa demande de renouvellement de son certificat de résidence.

3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le 26 novembre 2024, postérieurement à l'introduction de la présente requête, le préfet des Hauts-de-Seine a délivré à Mme A une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 25 février 2025, permettant notamment à cette dernière de justifier de la régularité de son séjour en France. Par suite, les conclusions présentées par Mme A tendant à ce qu'il soit enjoint, sous astreinte, au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction, sont devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.

4. En deuxième lieu, si Mme A demande qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine d'examiner sans délai sa demande de renouvellement de son certificat de résidence algérien, elle ne se prévaut d'aucune circonstance particulière, tenant notamment à sa situation personnelle ou professionnelle justifiant cette demande, qui permettrait d'établir une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative, de nature à justifier le prononcer de la mesure sollicitée. Dans ces conditions, la condition d'urgence n'étant pas satisfaite, sa demande doit être rejetée.

5. En troisième lieu, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme A tendant à ce qu'il soit enjoint, sous astreinte, au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.

Fait à Cergy, le 11 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

S. Ouillon

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.