Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2416980

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2416980
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision du préfet du Val-d'Oise du 3 avril 2024 clôturant la demande de renouvellement de titre de séjour de Mme A, ressortissante tunisienne. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, dès lors que la clôture était liée à l'instruction de la demande de titre de séjour de son conjoint, et que Mme A ne pouvait se prévaloir de la qualité de conjoint "passeport talent famille" en l'absence de décision définitive sur cette situation. En conséquence, la requête a été rejetée sans examen des moyens soulevés, par application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 novembre 2024, Mme B A, représentée par Me Fazolo, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision du 3 avril 2024 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a clôturé sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation et de lui remettre une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors qu'il s'agit d'un refus de renouvellement de sa demande de titre de séjour ;

- les moyens suivants sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 421-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Vu :

- la requête n° 2416943, enregistrée le 25 novembre2024, par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision contestée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, a désigné M Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante tunisienne née le 13 octobre 1992 à Tunis en Tunisie, est entrée en France le 17 septembre 2022. Elle a été munie d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 19 février 2024. Le 9 décembre 2023, elle a déposé une demande de renouvellement de titre de séjour sur le site de l'ANEF. Cette demande a fait l'objet d'une clôture. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision du 3 avril 2024 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a clôturé sa demande de renouvellement de titre de séjour.

2. Aux termes, d'une part, de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Pour caractériser l'urgence de sa situation, Mme A se prévaut de la présomption d'urgence applicable en cas de refus de renouvellement d'un titre de séjour et fait valoir qu'elle risque de perdre son emploi en l'absence de documents justifiant de la régularité de son séjour sur le territoire français. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la décision de clôture de sa demande de renouvellement de titre de séjour a été prise au motif que la demande de délivrance du passeport talent de son conjoint était en cours d'instruction. En outre, la requérante produit les pièces attestant que son conjoint fait l'objet d'une mesure d'éloignement et que sa demande de délivrance d'un passeport talent a été rejetée par le préfet du Val-d'Oise par une décision en date du 28 octobre 2024 faisant l'objet d'un recours en annulation. Dès lors, à la date de la présente ordonnance, l'intéressée ne peut se prévaloir de la qualité de conjoint " passeport talent famille " tant qu'il n'a pas été statué sur la décision du préfet du Val-d'Oise du 28 octobre 2024. Dans ces conditions, Mme A ne peut être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

4. Il résulte de tout ce qui précède qu'en l'absence d'urgence, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter, en toutes ses conclusions, la requête de Mme A dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à B A.

Fait à Cergy, le 9 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.