Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2417080

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2417080
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l’exclusion définitive du statut de praticien associé de Mme B, prononcée par le directeur de l’hôpital Nord-Ouest Val-d’Oise. Le juge a estimé que la requérante n’établissait pas l’existence de la décision contestée, faute de produire l’acte attaqué ou de justifier d’obstacles à son obtention, rendant la requête irrecevable. La décision se fonde sur les articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 novembre 2024, Mme A B, représenté par Me Balme Leygues, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 1er novembre 2024par laquelle le Directeur de l'hôpital Nord-Ouest Val-d'Oise a prononcé l'exclusion définitive du statut de praticien associé jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre à l'hôpital Nord-Ouest Val-d'Oise de rétablir Mme B dans ses droits, en procédant au versement des salaires indûment retenus et en validant le parcours de consolidation des compétences qu'elle a accompli dans cet établissement ;

3°) de mettre à la charge de l'hôpital Nord-Ouest Val-d'Oise une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice.

Elle soutient que :

- Elle justifie de la condition d'urgence, du fait de son exclusion du statut de praticien associé, de ce qu'elle est en conséquence privée du bénéfice de sa réussite aux épreuves de vérification des connaissances et, partant, à sa possibilité de s'inscrire à l'Ordre comme médecin et de des effets financiers ;

- Il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision, du fait de son insuffisante motivation, du non-respect de son droit au silence, de la confusion des autorités de poursuite, d'instruction et de sanction, que la décision est entachée d'une erreur de fait et méconnaît le principe selon lequel les praticiens exercent leurs fonctions par délégation, de l'absence d'établissement des faits reprochés et de manque de proportionnalité entre les fautes reprochées et la sanction infligée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 27 novembre 2024 sous le numéro 2417085 par laquelle Mme A B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

1. Considérant qu'aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () " ; que l'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. En se bornant à soutenir que l'absence de paiement de son salaire d'octobre 2024 et à produire le courrier du 6 novembre 2024 adressé par son avocat à l'hôpital Nord-Ouest Val-d'Oise, Mme B ne peut être regardée comme établissant l'existence de la décision qu'elle conteste, précision étant qu'au surplus elle n'apporte aucun élément permettant de justifier d'obstacles s'opposant à ce qu'elle entre en possession de la décision expresse prise par l'hôpital. Il suit de là que sa requête est irrecevable et doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie-en sera adressée à l'Hôpital Nord-Ouest Val d'Oise.

Fait à Cergy, le 10 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

E. LAMY

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.