Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2417110
mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2417110 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 novembre 2024, et une pièce complémentaire enregistré le 9 décembre 2024 M. C, représenté par Me Siran, demande au juge des référés :
1°) De l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) De suspendre l'exécution de la décision implicite de refus de délivrance d'une carte de résident, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) D'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer, à titre provisoire, une carte de résident ou, à défaut, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) De mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L761-1 du Code de justice administrative et 37, alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son Conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, et à défaut au requérant.
Il soutient que :
- Il existe une situation d'urgence, dès lors qu'il encourt un risque de se voir placer en détention, de perdre son apprentissage et ses droits sociaux et qu'il est dans l'impossibilité de solliciter un titre de voyage
- Il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée tenant à l'incompétence de l'auteur de l'acte, à la méconnaissance des dispositions de l'article L.424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à la commission d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 27 novembre 2024 sous le numéro 2417114 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision attaquée, M. A fait valoir, sans produire aucun élément permettant de l'établir, un risque de perte de son apprentissage, de ses droits sociaux et d'une impossibilité de solliciter un titre de voyage. Par ailleurs, s'agissant du risque de placement en rétention que lui ferait courir la décision implicite de refus de délivrance d'une carte de résident, un tel refus n'est pas de nature à lui faire perdre sa qualité de réfugié. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction, le requérant ne justifie pas d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Il suit de là, sans qu'il y ait lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnel provisoire, que sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Cergy, le 10 décembre 2024.
Le juge des référés,
signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.