Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2417209

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2417209
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant sénégalais, qui demandait d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer pour renouveler son titre de séjour et obtenir un récépissé l'autorisant à travailler. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car M. A disposait déjà d'un récépissé valable jusqu'en 2025 et avait été convoqué en juillet 2024 sans justifier avoir donné suite à cette convocation. La décision a été rendue sur la base des articles L. 521-2 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Boudjellal, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une convocation à un rendez-vous afin qu'il puisse enregistrer sa demande de renouvellement de son titre de séjour et se voir remettre un récépissé l'autorisant à travailler, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est établie dès lors qu'il se retrouve en situation précaire, que son contrat de travail a été suspendu depuis le 15 décembre 2023, que son employeur menace de le licencier à compter du 6 décembre 2024 et qu'il risque d'être éloigné ;

- l'absence de convocation pour le renouvellement de son récépissé porte atteinte de manière grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, au droit au respect de sa vie privée et familiale, et à son droit d'accès à un service public et adapté.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. d'Argenson, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant sénégalais né le 1er janvier 1970, indique avoir été mis en possession de titres de séjour en qualité de salarié depuis l'année 2016, la dernière expirant le 13 novembre 2023. Il a été convoqué le 22 juillet 2024 pour le renouvellement de son titre de séjour. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer afin qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour et se voir remettre un récépissé l'autorisant à travailler.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Une demande présentée au titre de la procédure prévue par l'article L. 521-2 du code de justice administrative implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention du juge des référés dans les quarante-huit heures.

4. Pour justifier de la situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, M. B A soutient qu'il se retrouve en situation précaire, que son contrat de travail a été suspendu depuis le 15 décembre 2023, que son employeur menace de le licencier à compter du 6 décembre 2024 et qu'il risque d'être éloigné. Toutefois, l'intéressé produit 3 récépissés de demandes de titre de séjour, dont deux sont illisibles et l'un, le seul qui soit en partie lisible, indique qu'il est valable jusqu'en 2025. Par ailleurs l'intéressé a déjà reçu une convocation pour l'instruction de sa demande le lundi 22 juillet 2024, à laquelle il ne précise d'ailleurs pas s'il s'y est rendu, à l'issue duquel il lui a été demandé de déposer une nouvelle demande, ce qu'il ne justifie pas avoir fait ou au moins essayer de faire. Ces circonstances ne peuvent ainsi être regardées comme caractérisant une situation d'urgence telle qu'elle impliquerait qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures selon la procédure prévue à l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Cergy-Pontoise, le 2 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

P.-H. d'Argenson

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.