Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2417244

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2417244
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision du 1er octobre 2024 refusant la délivrance d'une carte professionnelle à M. B, agent de sécurité. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour le requérant de justifier d'un contrat de travail en cours ou d'un préjudice immédiat et certain, la promesse d'embauche produite étant postérieure au refus. En conséquence, l'ensemble des conclusions, y compris celles aux fins d'injonction et au titre des frais de justice, a été rejeté.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et une pièce complémentaire, enregistrée les 1er et 5 décembre 2024, M. A B , représenté par Me Ayari, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 1er octobre 2024 portant refus de délivrance d'une carte professionnelle, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer une carte professionnelle provisoire valable jusqu'à ce que le tribunal ait statué sur la requête au fond, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance sous astreinte de 50€ par jours de retard ;

3°) de mettre à la charge du le Conseil national des activités privées de sécurité une somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- Il justifie d'une situation d'urgence, dès lors qu'il se trouve privé de la possibilité d'exercer son activité professionnelle d'agent de sécurité, qu'il exerce depuis 1996 soit depuis 28 ans et que, par voie de conséquence, il ne pourra plus assumer ses charges courantes ;

- Il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, laquelle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 1er décembre 2024 sous le numéro 417263 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 dudit code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. A l'effet de démontrer qu'il justifie de la condition d'urgence mentionnée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative, M. B fait valoir qu'il se trouve privé de la possibilité d'exercer son activité professionnelle d'agent de sécurité, qu'il exerce depuis 1996 soit depuis 28 ans et que, par voie de conséquence, il ne pourra plus assumer ses charges courantes. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'alors que le requérant ne se prévaut d'aucun contrat de travail en cours, d'un licenciement récent ou à venir du fait de la décision attaquée, voire du montant de l'aide au retour à l'emploi s'il la perçoit actuellement par rapport à son salaire actuel, il produit au dossier une promesse d'embauche en date du 2 décembre 2024, soit à une date à laquelle, sauf ce que le requérant n'ait pas informé l'entreprise de ce fait, la personne promettante ne pouvait ignorer le refus de délivrance d'une carte professionnelle. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction, M. B ne peut être regardée comme justifiant de la condition d'urgence susmentionnée. Il suit de là que sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie-en sera adressée au Conseil national des activités privées de sécurité.

Fait à Cergy, le 10 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

E. Lamy

La République mande et ordonne ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.