Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2417389

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2417389
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du 19 novembre 2024 classant sans suite la demande de renouvellement de titre de séjour de Mme C Épouse A. Le juge a estimé que l'urgence n'était pas caractérisée, la requérante étant en situation irrégulière et sa demande de changement de statut étant assimilée à une première demande. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans examen des moyens soulevés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 décembre 2024, Mme B C Épouse A, représenté par Me Netry, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 19 novembre 2024 classant sans suite sa demande de renouvellement de titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seinede lui délivrer le renouvellement de son récépissé portant la mention " vie privée et familiale " et subsidiairement, d'examiner sa demande de renouvellement de titre de séjour dans les plus brefs délais ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- Elle justifie d'une situation d'urgence dès lors qu'il s'agit d'un refus de renouvellement de titre de séjour et que ce refus la place dans une situation de précarité administrative et professionnelle ;

- Il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, dès lors qu'elle est insuffisamment motivée, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le numéro 2417390 par laquelle Mme C Épouse A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 dudit code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il résulte de l'instruction que la requérante bénéficie d'un titre de séjour "salarié détaché ICT (famille)", au bénéfice de son mari, qui expire le 14 décembre 2024 et est donc, à la date de la présente ordonnance, en situation irrégulière. D'autre part, contrairement à ce qu'elle fait valoir, le refus qui lui a été opposée concerne une demande de changement de statut, laquelle doit être regardée comme une première demande. Dans ces conditions, la requérante ne justifie pas d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 522-1 du code de justice administrative ; Il suit de là que sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C Épouse A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C Épouse A.

Fait à Cergy, le 10 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

E. LAMY

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.