Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2417447

jeudi 12 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2417447
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, rejette la requête de Mme B qui demandait l’inscription en master 1 à l’université Paris-Nanterre. La requête est jugée manifestement irrecevable car la requérante, assistée d’un avocat, n’a pas précisé le fondement juridique de sa demande (article L. 522-3 du code de justice administrative). Aucune des conclusions de Mme B n’est donc examinée au fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 décembre 2024, Mme A B, représentée par Me Polin, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la présidente de l'université Paris-Nanterre de procéder, sous 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, à son inscription en master 1 sciences économiques et sociales, et de lui délivrer immédiatement une attestation d'inscription à, afin qu'elle puisse régulariser son titre de séjour étudiant auprès des autorités compétentes ;

2°) de mettre à la charge de l'université Paris-Nanterre la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est établie dès lors qu'elle a déjà manqué plusieurs semaines de cours essentiels pour la validation de son master 1, ce qui porte atteinte à son droit à l'instruction, et que son titre de séjour expire au mois de décembre 2024 et risque ainsi de ne pas pouvoir le renouveler ;

- la décision refusant son inscription est illégale dès lors qu'elle la prive du bénéfice de la décision implicite d'acceptation dont elle bénéficiait ;

- elle méconnaît le principe de sécurité juridique ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est arbitraire ;

- elle méconnaît le principe d'égalité de traitement et son droit à l'éducation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Il résulte de l'article R. 522-2 du même code que le juge des référés n'est pas tenu d'adresser aux parties une invitation à régulariser leur requête avant d'en constater l'irrecevabilité.

2. Les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu'elles s'appuient sur l'un ou l'autre de ces articles. Il appartient ainsi au requérant de préciser la procédure de référé sur le fondement de laquelle il présente sa requête sous peine d'irrecevabilité de la demande.

3. Aux termes de sa requête intitulée " référé urgence ", Mme B, qui est assistée d'un avocat, demande au juge des référés d'enjoindre à la présidente de l'université Paris-Nanterre de procéder à son inscription en master 1 sciences économiques et sociales, sans toutefois préciser le fondement de sa demande, qui ne peut être déduit des termes de la requête.

4. Par conséquent, la requête de Mme B est manifestement irrecevable et doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Cergy, le 12 décembre 2024

La juge des référés,

signé

A. Richard

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.