Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2417457

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2417457
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de Mme A, qui contestait le classement sans suite de sa demande de renouvellement de titre de séjour par le préfet des Hauts-de-Seine. Le juge a estimé que cette décision de classement pour incomplétude ne constituait pas un acte administratif faisant grief, faute pour la requérante d’établir avoir fourni les pièces requises, notamment l’autorisation de travail. En conséquence, la requête a été jugée irrecevable, sans qu’il soit besoin d’examiner l’urgence ou le doute sérieux sur la légalité, sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2024, Mme B A, représenté par Me Goeau-Brissonnière, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle sur le fondement de l'article 20 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de du 6 septembre 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a procédé au classement sans suite de sa demande de renouvellement de son titre de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa demande, dans un délai de quinze jours, à compter de la notification de la présente ordonnance et ce sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la préfecture des Hauts-de-Seine la somme de 1.200 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à titre subsidiaire, au seul titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- Il existe une situation d'urgence, dès lors que la décision attaquée la place dans une situation de précarité administrative et professionnelle ;

- Il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, dès lors que la décision est entachée d'un défaut d'examen et d'une erreur de droit ;

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le numéro 2416173 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 dudit code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. La requérante a présenté une demande de renouvellement le 5 septembre 2024 qui a fait l'objet d'un classement sans suite dès le lendemain pour incomplétude en raison du défaut de production d'une autorisation de travail, l'administration l'ayant alors invitée à présenter une nouvelle demande. Si la requérante fait valoir qu'elle a produit l'autorisation de travail dont elle était déjà titulaire, elle ne l'établit pas, ni même éventuellement copie du dossier de demande de renouvellement avec la liste des pièces qu'elle a fournies. Dans ces conditions, la décision de classement ne saurait être regardée comme un acte administratif lui faisant grief. Il suit de la que sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris celles présentée au titre de l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A n'est pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Cergy, le 10 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.