Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2417472

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2417472
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A. Ce dernier demandait qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, en raison d'une atteinte grave et manifestement illégale à ses libertés fondamentales. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour le requérant de justifier de sa situation professionnelle, financière ou de l'urgence de son déplacement en Algérie. La requête a été rejetée par ordonnance motivée, sans audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2024, M. B A, représenté par

Me Djidjirian, demande à la juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'inaction du préfet des Hauts-de-Seine, en méconnaissance du jugement rendu par le tribunal de céans, le prive de son droit à résider légalement en France, ce qui l'empêche de travailler et entraîne une précarité administrative, financière et sociale grave ; en outre, il doit se rendre en Algérie auprès de son frère atteint d'un cancer qui a besoin d'un soutien familial ;

- il est porté une atteinte manifestement grave et manifestement illégale à son droit au respect de la vie privée et familiale ainsi qu'à sa liberté de travailler.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Pour justifier de l'extrême urgence qu'il y aurait à enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, M. A soutient que l'inaction du préfet des Hauts-de-Seine, en méconnaissance du jugement rendu par la magistrate désignée du tribunal de céans le 21 juillet 2023, le prive de son droit à résider légalement en France, ce qui l'empêche de travailler et le place dans une situation de précarité administrative, financière et sociale grave. En outre, il fait valoir devoir se rendre en Algérie auprès de son frère atteint d'un cancer et qui a besoin d'un soutien familial. Toutefois, M. A ne produit aucun élément relatif à sa situation professionnelle et à sa situation financière à l'appui de ses allégations. Par ailleurs, il ne justifie pas de l'urgence à se rendre dans les plus brefs délais auprès de son frère en Algérie. Dans ces conditions, M. A ne peut être regardé, eu égard aux circonstances qu'il invoque, comme justifiant d'une urgence particulière au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

3. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions rappelées au point 1 de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter, en toutes ses conclusions, la requête de M. A.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Cergy, le 6 décembre 2024.

La juge des référés,

Signé

A. Richard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.