Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2417780

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2417780
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B qui demandait la suspension de son transfert du centre de détention de Nanterre vers celui de Châteaudun. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, le requérant n'ayant pas démontré que cet éloignement rendrait les visites familiales impossibles, et a rappelé que l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme ne confère pas aux détenus le droit de choisir leur lieu d'incarcération.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Noirot, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au Garde des sceaux de ne pas le transférer au centre de détention de Châteaudun et de la maintenir détenu à la maison d'arrêt de Nanterre ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- S'agissant de l'urgence, son transfert est prévu le 10 décembre à 10 heures ;

- S'agissant de l'existence d'une atteinte grave et manifeste à une liberté, la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des liberté fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Alors que les stipulations de l'article de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui garantissent le droit au respect de la vie privée et familiale, n'accordent pas aux détenus le droit de choisir leur lieu de détention, la séparation et l'éloignement du détenu de sa famille constituant des conséquences inévitables de ladite détention, le requérant n'apporte aucun élément permettant de tenir pour établi que son transfert au centre de détention de Chateaudun rendrait toute visite très difficile, voire impossible dans l'avenir. Il suit de là qu'il ne peut être regardé comme justifiant, alors que la décision doit être au surplus exécutée le 10 décembre, date de la présente ordonnance, d'une urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

3. Eu égard à ce qui vient d'être dit, la requête de M. B doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à A B.

Copie-en sera adressée au Garde des sceaux, ministre de la Justice.

Fait à Cergy, le 10 décembre 2024 .

Le juge des référés,

signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au Garde des sceaux, ministre de la Justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.