Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2417839

jeudi 12 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2417839
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de refus de titre de séjour du préfet du Val-d'Oise. Le juge a estimé que la requête au fond était irrecevable pour tardiveté, car une décision expresse de rejet était intervenue le 15 juillet 2024 et n'avait pas été contestée dans le délai de deux mois. En conséquence, la condition d'urgence et l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision n'ont pas été examinées. La requête a été rejetée dans son intégralité, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 décembre 2024, M. B A représenté par Me de Guéroult d'Aublay, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite du 19 septembre 2022 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise, de lui délivrer, un titre de séjour, ou à tout le moins de procéder au réexamen de sa demande d'admission au séjour, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé avec autorisation de travail, dans un délai de huit jours, à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L761-1 du code de justice administrative et 37, alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il a fait le nécessaire pour régulariser sa situation administrative, que la défaillance des services de la préfecture a entrainé pour lui des conséquences extrêmement graves, qu'il se retrouve sans domicile fixe, qu'il se trouve dans une situation d'extrême précarité, qu'il perd le bénéfice de contrat de travail, qu'il est dans un état psychologique fragile et vulnérable ;

- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle est entachée d'un défaut de motivation ;

* elle est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;

* elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

* elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

* elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2417786, enregistrée le 9 décembre 2024, par laquelle M. B A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Par un arrêté du 15 juillet 2024, que la requérante a refusé de signer, le préfet du Val-d'Oise a rejeté la demande de titre de séjour de la requérante. Cette décision expresse s'est substituée à la décision implicite qui est née du silence gardé par l'administration suite à sa demande. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme A aurait demandé l'annulation de cette décision dans le délai de deux mois qui lui était imparti, ni au demeurant la décision implicite de rejet susmentionnée. Dans ces conditions, la requête au fond étant irrecevable pour tardiveté, la requête de Mme A aux fins de suspension de suspendre l'exécution de la décision du préfet du Val-d'Oise la délivrance d'un titre de séjour est également irrecevable. Il suit de là que la requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Cergy, le 12 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.