Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2417846

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2417846
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B, un jeune majeur en situation irrégulière, qui demandait le rétablissement de sa prise en charge par le département des Hauts-de-Seine. Le juge a estimé que la condition d'urgence particulière n'était pas remplie, car la précarité invoquée découlait de sa situation irrégulière et non d'une carence caractérisée de l'administration. La demande d'aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Ben Gadi, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au président du conseil départemental des Hauts-de-Seine de rétablir sa prise en charge en qualité de jeune majeur, comprenant un hébergement en semi-autonomie et un accompagnement social et administratif dès la notification de l'ordonnance à intervenir, et a minima jusqu'à ce que le tribunal ait statué au fond sur la légalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français pris à son encontre le 22 octobre 2024 par le préfet des Hauts-de-Seine ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros hors taxe, soit 1 440 TTC au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat et, en cas de rejet de l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 440 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'irrégularité de sa situation administrative le place dans une situation d'extrême précarité matérielle, économique et sociale, en ce qu'il a été contraint de quitter son hébergement sans solution de relogement, il est sans domicile fixe en période hivernale et dépourvu de ressources ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à ses libertés fondamentales tirées de la carence caractérisée dans l'accomplissement du président du conseil départemental de ses missions à l'égard des jeunes majeurs et à son droit à une vie privée et familiale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Pour justifier de la situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, M. B fait valoir que l'irrégularité de son séjour sur le territoire français le place dans une situation de précarité matérielle, économique et sociale grave, dès lors qu'il a été contraint de quitter son hébergement sans solution de relogement en raison de la fin de son contrat et de sa prise en charge en qualité de jeune majeur le 6 décembre 2024, il est sans domicile fixe en période hivernale et dépourvu de ressources. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'intéressé demeure en situation irrégulière sous les effets de l'arrêté préfectoral en date du 22 octobre 2024, notifié le 26 octobre 2024, alors qu'il disposait d'un délai de 30 jours pour l'exécuter. Dans ces conditions, M. B ne justifie d'aucune situation d'urgence particulière impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise par le juge des référés dans un délai de quarante-huit heures. Par suite, la condition d'urgence particulière exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite.

3. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions, sans qu'il y ait lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Cergy, le 11 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 24178462