Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2418296
jeudi 26 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2418296 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 décembre 2024, M. E A, représenté par Me Krid, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de sa demande de titre de séjour ou une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
- que l'urgence est présumée remplie dès lors que sa demande concerne un renouvellement de titre de séjour et que la décision litigieuse le fait basculer en situation irrégulière, que cette dernière le place en situation précaire dès lors qu'il se retrouve privé de son accès aux soins, qu'il perd le bénéfice de ses droits sociaux et que cela compromet la continuité de ses soins indispensables pour prévenir une aggravation irréversible de son état de santé, qu'il se retrouve à la rue et sans aucune ressources et alors qu'il est en situation de handicap, que la décision litigieuse l'a empêché de réaliser un stage nécessaire à la validation de sa formation et l'empêche en tout état de cause de travailler ;
- qu'il existe plusieurs moyens susceptibles de faire naître un doute quant à la légalité de la décision attaquée, cette dernière :
* est entachée d'un défaut de motivation en droit et en fait, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
* est entachée d'illégalité tirée du défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
* a été prise en méconnaissance des stipulations des de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* a été prise en méconnaissance des stipulations des de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et des moyens et justifier de l'urgence de l'affaire / A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. La requête de M. B A, qui demande au juge des référés, la suspension de la décision litigieuse est manifestement irrecevable, dès lors qu'il lui appartient, lorsqu'il saisit la juge des référés sur le fondement de l'article L.521-1, de présenter au titre de sa requête, la preuve du dépôt d'une requête distincte en annulation contre la décision attaquée. Or il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une telle requête ait été déposée. Dans ces conditions, la présente requête doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E A.
Fait à Cergy, le 26 décembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2418296