Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2418344

jeudi 26 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2418344
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A. Celle-ci demandait qu'il soit enjoint au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un récépissé et un rendez-vous pour le renouvellement de son titre de séjour, invoquant l'urgence et le dysfonctionnement du service public. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, faute pour la requérante d'apporter des éléments probants démontrant les risques concrets qu'elle alléguait, notamment la perte de son emploi. En conséquence, la requête a été rejetée sans qu'il soit besoin d'examiner les autres conditions.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2024, Mme B A, représentée par Me Samba, demande au juge des référés statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de prendre toute mesures utiles afin de faire cesser l'inégal accès au service public d'accueil des étrangers sollicitant un récépissé et une demande de dépôt de dossier de renouvellement de titre de séjour, la rupture de la continuité du service public, les atteintes aux droits élémentaires des étrangers souhaitant obtenir un récépissé ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un récépissé et de lui permettre de prendre un rendez-vous auprès de ses services, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle se trouve dans l'impossibilité d'obtenir un récépissé et un rendez-vous afin de changer de statut malgré ses nombreuses prises de contact auprès des services de la préfecture, que dans le cadre d'un contrat de travail son employeur a déposé une demande d'autorisation de travail sans obtenir de réponse malgré ses relances, qu'elle n'est pas responsable du dysfonctionnement du téléservice, que son titre a expiré et qu'elle craint que la nouvelle demande d'autorisation de travail déposée par son employeur soit rejetée de ce fait et alors que la prise de rendez-vous est subordonnée à la production de cette autorisation de travail, qu'elle risque de perdre son emploi et les droits liés à la régularité de son séjour et que cette situation la place dans une situation précaire anormalement longue et que ce la porte atteinte à sa liberté d'aller et venir ;

- la mesure est utile dès lors qu'elle n'a aucune autre alternative pour obtenir ce qu'elle sollicite ;

- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code justice administrative, aux fins d'enjoindre de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. L'urgence doit s'apprécier objectivement. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance. Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Il appartient à la requérante, lorsqu'elle saisit le juge des référés sur le fondement de l'article L.521-3, de présenter au titre de sa requête des éléments démontrant les conséquences et les risques qu'elle allègue au soutien de sa requête. Si elle soutient notamment, qu'elle risque de perdre son emploi et les droits liés à la régularité de son séjour, elle n'apporte toutefois aucun élément probant en ce sens, dans ces conditions elle ne peut être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Il suit de là que la requête de Mme A doit, en l'état, être rejetée en toutes ses conclusions, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Cergy, le 26 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

E. LamyLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.