Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2418477

jeudi 26 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2418477
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la requête de M. A, conseiller municipal d’opposition, qui demandait la suspension de la décision implicite du maire de Villeneuve-la-Garenne refusant de publier sa tribune sur les réseaux sociaux de la commune. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas caractérisée, les éléments invoqués par le requérant, notamment le contexte pré-électoral, étant insuffisamment précis. En conséquence, la demande a été rejetée sans examen des moyens soulevés, sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2024, M. A, représenté par Me Bernabé, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision en date du 15 octobre 2024 par laquelle le maire de la commune de Villeneuve-la-Garenne a implicitement refusé de publier sa tribune sur le compte Instagram et invisibilisé ladite tribune sur le site internet, le compte Facebook et le compte X de la commune ;

2°) d'enjoindre à la commune de Villeneuve-la-Garenne de publier sa tribune adressée le 14 août 2024 sur le compte Instagram de la commune, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre à la commune de Villeneuve-la-Garenne de modifier les publications de sa tribune sur le site internet, le compte Facebook et le site internet afin qu'ils soient facilement accessibles et identifiables pour les utilisateurs qui voudraient consulter ces pages, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision contestée concerne un défaut de publication d'une tribune visée à l'article L. 2127-27-1 du code général des collectivités et qu'elle porte directement atteinte au droit d'expression des élus municipaux dans un contexte pré-électoral de municipales ;

- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle est entachée d'une insuffisance de motivation en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

* elle est entachée d'illégalité tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2418341, enregistrée le 14 décembre 2024, par laquelle M. A demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ". Et aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Pour justifier de l'urgence de sa situation M. A fait valoir que la décision attaquée concerne un défaut de publication d'une tribune visée à l'article L. 2127-27-1 du code général des collectivités et qu'elle porte directement atteinte à son droit d'expression en sa qualité d'élu municipal dans un contexte pré-électoral. Toutefois, ces éléments, dénués de toute précision utile, ne sont pas de nature à caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article

L. 521-1 du code de justice. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter la requête de M. A en toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Cergy, le 26 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.