Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2418543

vendredi 27 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2418543
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension des décisions implicites du préfet du Val-d'Oise refusant de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien et de renouveler son attestation de prolongation d'instruction. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, le requérant n'établissant pas de circonstances particulières justifiant une mesure provisoire, notamment en l'absence de perspective d'embauche sérieuse. La requête a été rejetée par ordonnance motivée sans examen des moyens de fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 décembre 2024, M. A, représenté par Me Saidi, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension des décisions implicites par lesquelles le préfet du

Val-d'Oise a rejeté sa demande de certificat de résidence et a refusé de renouveler son attestation de prolongation d'instruction ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer immédiatement un certificat de résidence ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours ; dans tous les cas, de lui délivrer sans délai un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail sous astreinte de 250 euros par jour de retard et de prendre une décision définitive sur sa demande dans un délai d'un mois sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que, se trouvant en situation irrégulière, il court le risque d'être expulsé et ne peut normalement poursuivre sa vie familiale et professionnelle.

- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions contestées en ce qu'elles sont entachées d'erreur de droit au regard du 2) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et d'erreur manifeste d'appréciation et qu'elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2418544 enregistrée le 21 décembre 2024, par laquelle M. A demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Huon, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien, a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien, en tant que conjoint d'une ressortissante française, sur le fondement des stipulations du 2) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et, s'est vu remettre, en dernier lieu, une attestation de prolongation d'instruction valable du 15 mars au 14 juin 2024. En l'absence de renouvellement de ce document et de réponse à sa demande, il a considéré cette dernière comme ayant été implicitement rejetée. Par la présente requête,

M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de la décision implicite refusant de lui délivrer un certificat de résident ainsi que celle lui refusant le renouvellement de son attestation de prolongation d'instruction.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparait manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L .522-1. ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. En se bornant, par une argumentation laconique, à soutenir que l'irrégularité de son séjour le prive de la faculté d'exercer une activité professionnelle et ne lui permet pas " d'aider son épouse dans le cadre des frais d'installation ", M. A, qui, en particulier, ne justifie pas, comme il l'allègue, d'une perspective d'embauche sérieuse à brève échéance, n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative impliquant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'un jugement statuant sur la légalité des décisions litigieuses.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence de moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera délivrée au préfet du Val d'Oise.

Fait à Cergy-Pontoise, le 27 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

C. Huon

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.