Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2418713
jeudi 26 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2418713 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Hadj Said, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler le temps de l'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour de dix ans, dans un délai de cinq jours sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, du fait de la situation irrégulière dans laquelle il se trouve ;
- une atteinte grave est portée à son droit à mener une vie professionnelle, dès lors que son contrat de travail risque d'être suspendu.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention franco-congolaise relative à la circulation et au séjour des personnes du 31 juillet 1993 ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné M. Viain, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant congolais né le 12 décembre 1995, entré en France le 2 octobre 2020, a été mis en possession de deux titres de séjour dont le dernier était valable jusqu'au 28 octobre 2024. Le 31 août 2024, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article 9 de la convention franco-congolaise relative à la circulation et au séjour des personnes du 31 juillet 1993. Par un arrêté du 28 novembre 2024, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par la requête susvisée, M. B demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler le temps de l'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour de dix ans.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. Il résulte de l'instruction que le préfet du Val-d'Oise, par un arrêté du 28 novembre 2024, a rejeté la demande de renouvellement de titre de séjour de M. B et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Il s'ensuit que, quelles que soient les éventuelles illégalités pouvant entacher cette décision, celle-ci fait obstacle au prononcé de l'injonction sollicitée par le requérant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 26 décembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
T. Viain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2418713