Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2418775

vendredi 27 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2418775
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant nigérian bénéficiant du statut de réfugié, qui demandait la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence particulière, nécessaire à la procédure de référé liberté, n'était pas établie, faute pour le requérant de justifier de circonstances concrètes et imminentes (risque de perte de ressources ou d'expulsion). La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris celles relatives à l'aide juridictionnelle provisoire et aux frais d'instance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 décembre 2024, M. B C A, représenté par Me Lujien, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour, ou à défaut de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, dans un délai de 24 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du

10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à charge pour lui de renoncer à la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il bénéficie du statut de réfugié et qu'il a droit à un titre de séjour, en l'absence duquel il fait face à un risque d'expulsion ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à l'asile ; par ailleurs, il risque de perdre son droit au RSA et ne peut trouver d'emploi.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Viain, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant nigérian né le 5 septembre 1990, bénéficiant du statut de réfugié, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour et a été mis en possession d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 11 décembre 2024. En l'absence de réponse de l'administration sur sa demande, par la requête susvisée, M. A demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes l'article L. 522-3 du code précité : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.

4. Pour établir l'existence d'une urgence particulière caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour, M. A se borne à faire valoir qu'il a droit à un titre de séjour en qualité de réfugié et qu'il risque l'expulsion. Toutefois, l'intéressé, qui n'établit pas avoir sollicité une nouvelle attestation de prolongation d'instruction, n'apporte aucune précision sur ses conditions concrètes d'existence, se bornant à des allégations générales et, en particulier, n'établit pas qu'il risquerait de se retrouver privé de toute ressource, notamment à caractère social. Dans ces circonstances, le requérant, qui ne se prévaut d'aucune activité professionnelle ou tentative d'obtention d'un emploi antérieurement à l'expiration de son attestation, et est en mesure de justifier de son droit à résider sur le territoire français par la production de tout document attestant de sa qualité de réfugié, ne fait valoir aucune circonstance particulière justifiant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans le délai particulièrement bref qui caractérise la procédure prévue à l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sans qu'il y ait lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, selon la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A.

Fait à Cergy, le 27 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

T. Viain

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2418775