Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2418777
vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2418777 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 décembre 2024, Mme D, représentée par Me Lujien, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de 24 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par heure de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat au profit de son conseil la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire elle doit pouvoir bénéficier d'un titre de séjour de plein droit, que l'absence d'un tel titre l'expose à un risque d'expulsion dans son pays d'origine et, partant, de persécutions, et que, privée de ses droits sociaux et ne peut subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile et au droit d'exercer une activité professionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huon, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante sri-lankaise, née le 2 juillet 1986, a sollicité un premier titre de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire le 15 mars 2024 sur le téléservice Administration Numérique pour les Etrangers en France (ANEF). Elle a obtenu une attestation de prolongation d'instruction qui a expiré le 14 septembre 2024. En l'absence de renouvellement de ce document, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article
L. 522-1. Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. Une demande présentée au titre de la procédure prévue par l'article L. 521-2 du code de justice administrative implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention du juge des référés dans les quarante-huit heures.
4. Pour justifier de la situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, Mme B fait valoir qu'en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire elle doit pouvoir bénéficier d'un titre de séjour de plein droit, que l'absence d'un tel titre l'expose à un risque d'expulsion dans son pays d'origine et, partant, de persécutions, et que, privée de ses droits sociaux, elle ne peut subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille A, d'une part, ainsi qu'il a été dit, Mme. B a déposé sa demande de titre de séjour le 15 mars 2024, de sorte que, par application des dispositions de l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision implicite de rejet de cette demande est née le 15 juillet 2024 qu'il était loisible à l'intéressée de déférer devant le juge administratif. D'autre part, il n'est pas établi que Mme B, qui se borne à soutenir qu'une assistante sociale s'est renseignée sur l'état d'avancement de son dossier, aurait accompli une quelconque démarche auprès de l'administration en vue du renouvellement de son attestation de prolongation d'instruction. Enfin, alors que cette attestation a expiré depuis plus de trois mois, la requérante, que son statut de bénéficiaire de la protection subsidiaire protège contre une mesure d'éloignement, n'apporte pas la moindre précision sur sa situation personnelle et familiale. Dans ces conditions, Mme B n'établit pas une urgence particulière justifiant qu'il soit ordonné à très bref délai, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une mesure de sauvegarde remédiant à une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sans qu'il y ait lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, selon la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D.
Copie-en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy-Pontoise, le 27 décembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
C. Huon
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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