Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2418788
vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2418788 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 décembre 2024, M. C D et M. B A, agissant en leurs noms et en celui de leurs enfants, G D A et F D A, représentés par Me Joly, demandent au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au ministre des affaires étrangères de délivrer au bénéfice des enfants mineurs G D A et F D A un laissez-passer ou tout autre document de voyage leur permettant de quitter le territoire des Etats-Unis mexicains et de regagner le territoire français, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le tribunal administratif de Cergy-Pontoise est territorialement compétent pour connaître du présent litige dès lors que le refus de délivrance d'un laissez-passer constitue une mesure de police et qu'ils résident habituellement dans le ressort de ce tribunal ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'ils ne peuvent rester plus longtemps sur le territoire mexicain dans l'attente du jugement définitif portant sur l'acte de naissance, et ce, tant pour des raisons tant professionnelles et financières que liées à l'état de santé des enfants ;
- alors qu'il ont le droit d'obtenir un laissez-passer sur le fondement des dispositions du décret n° 2004-1543 du 30 décembre 2004, le refus de délivrance de ce document par les autorités consulaires porte porté une atteinte manifestement grave et manifestement illégale à l'intérêt supérieur des enfants mineurs français en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et à leur droit de mener une vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Vu les pièces du dossier.
Vu ;
- le décret n°2004-1543 du 30 décembre 2004 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huon, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures." Et aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "
2. D'autre part, aux termes de l'article R. 312-19 du code de justice administrative : " Les litiges qui ne relèvent de la compétence d'aucun tribunal administratif par application des dispositions des articles R. 312-1 et R. 312-6 à R. 312-18 sont attribués au tribunal administratif de Paris " et aux termes de l'article R. 312-1 du même code : " Lorsqu'il n'en est pas disposé autrement (), le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui, soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision attaquée () ". Enfin aux termes de l'article R. 522-8-1 de ce code : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ". Une requête tendant à la mise en œuvre de la procédure de référé instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative relève du juge qui a compétence pour connaître soit du recours en annulation formé contre l'acte administratif contesté dans le cadre de la procédure de référé, soit du recours susceptible d'être introduit à la suite d'un agissement de l'administration entrant dans le champ des prévisions de l'article L. 521-2.
3. Enfin, l'article 1er du décret du 30 décembre 2004 ci-dessus visé dispose : " Les chefs de poste consulaire peuvent : / () / - délivrer des laissez-passer dans les conditions prévues par le présent décret (). " Aux termes de l'article 5 de ce décret : " Le laissez-passer est un titre de voyage individuel délivré pour un seul voyage et une durée maximale de trente jours à compter de la date de son établissement. ".
4. Il résulte des points 2 et 3 de la présente ordonnance que les litiges portant sur la délivrance ou le refus de délivrance d'un laissez-passer à un ressortissant français par une autorité consulaire française dans un pays étranger, laquelle mesure ne constitue pas une décision de police administrative générale ou spéciale, relève, en l'absence de dispositions par lesquelles le code de justice administrative a déterminé le tribunal administratif compétent pour en connaître, du tribunal administratif de Paris. Par suite, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise est territorialement incompétent pour connaître de la décision par laquelle l'autorité consulaire française au Mexique a refusé de délivrer aux enfants mineurs de E. D et A un laissez-passer ou tout autre document de voyage leur permettant de regagner le territoire national et pour enjoindre à cette autorité de délivrer un tel document.
5. Il résulte de ce qui précède que la présente requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions, par application des dispositions précitées de l'article R. 522-8-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. D et M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D et M. B A.
Copie en sera délivrée au ministre de l'Europe et des affaires étrangères.
Fait à Cergy-Pontoise, le 27 décembre 2024.
Le juge des référés
Signé
C. Huon
La République mande et ordonne au ministre de l'Europe et des affaires étrangères en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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