mardi 7 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2419005 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | EYRIGNOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 décembre 2024, la société " Itron France ", représentée par Me Eyrignoux, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°)d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet du recours hiérarchique formé le 2 juillet 2024 auprès du ministre du travail et de l'emploi, ensemble la décision de l'inspection du travail du 30 avril 2024 de refus d'autorisation de licenciement économique de Mme B A ;
2°)d'enjoindre au ministre du travail d'adopter une décision autorisant le licenciement pour motif économique de Mme B A ;
3°)de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que, d'une part, alors qu'elle est confrontée à des difficultés économiques et à une nécessité de réorganiser ses services pour sauvegarder sa compétitivité, les décisions contestées l'empêchent de mettre en œuvre les mesures nécessaires en ce sens ; d'autre part, ces décisions créent une rupture d'égalité avec d'autres de ses salariés, dont certains bénéficiaient eux-aussi du statut de salarié protégé et dont le licenciement pour motif économique a pourtant été autorisé par l'inspection du travail ; enfin, les décisions contestées créent un préjudice grave et immédiat envers Mme A elle-même, qui se trouve dans une situation d'incertitude alors même qu'elle souhaitait bénéficier des mesures d'accompagnement du plan de sauvegarde de l'emploi et mener à bien ses projets ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées :
o ces décisions sont insuffisamment motivées, en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de celles de l'article R. 2421-12 du code du travail ;
o elles sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 1233-3 du code du travail, dès lors que le motif économique du licenciement de Mme A est réel et sérieux, au regard, d'une part, des difficultés économiques auxquelles elle est confrontée, lesquelles sont caractérisées par une baisse de son chiffre d'affaires et par ses pertes d'exploitation, et, d'autre part, d'une réorganisation nécessaire à la sauvegarde de sa compétitivité.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2419074, enregistrée le 31 décembre 2024, par laquelle la société " Itron France " demande l'annulation des décisions contestées.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Chabauty, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Le 6 septembre 1996, Mme B A a été engagée par la société " Itron France ", au sein de laquelle elle exerçait en dernier lieu les fonctions de chargée d'administration des ventes. Elle bénéficie du statut de salariée protégée en application des dispositions de l'article L. 2411-5 du code du travail au titre de son mandat de membre suppléante de la délégation du personnel au comité social et économique de l'établissement de Meudon. Le 1er mars 2024, la société " Itron France " a sollicité l'inspection du travail pour obtenir l'autorisation de procéder au licenciement de l'intéressée pour motif économique. Par une décision du 30 avril 2024, l'inspectrice du travail de l'unité départementale des Hauts-de-Seine de la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS) d'Ile-de-France a refusé d'accorder l'autorisation de procéder au licenciement de cette salariée. La requérante a formé un recours hiérarchique à l'encontre de cette décision le 2 juillet 2024. Du silence gardé par l'administration pendant une durée de quatre mois est née une décision implicite de rejet. Par la présente requête, la société " Itron France " demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de ces deux décisions.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution des décisions contestées, la société " Itron France " soutient que, alors qu'elle est confrontée à des difficultés économiques et à une nécessité de réorganiser ses services pour sauvegarder sa compétitivité, ces décisions l'empêchent de mettre en œuvre les mesures nécessaires en ce sens. Toutefois, quand bien même elle serait confrontée à de telles difficultés, la requérante, dont il résulte de l'instruction que son résultat imposable au titre de l'exercice clos en 2023 s'élevait à 1 261 198 euros et qu'elle employait 669 salariés au 12 juin 2023, n'établit pas que le maintien dans ses effectifs de Mme A, dont le salaire net à payer avant impôt sur le revenu s'élevait à 2 847,38 euros pour le mois de juin 2024, compromettrait gravement sa situation financière à court terme et mettrait en péril la poursuite de son activité, ni que ce maintien aurait de graves conséquences sur son organisation et son fonctionnement. Par ailleurs, la société " Itron France " ne peut utilement se prévaloir de ce que les décisions contestées porteraient préjudice à Mme A, dès lors que cette dernière n'est pas requérante dans la présente instance, ni de ce que l'inspection du travail a autorisé le licenciement, pour un motif économique, d'autres salariés de l'entreprise bénéficiant du statut de salarié protégé. Dans ces conditions, la requérante ne justifie pas que l'exécution des décisions contestées porterait atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à sa situation ou aux intérêts qu'elle entend défendre. Par suite, elle n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède qu'en l'absence d'urgence, et sans qu'il soit besoin d'examiner s'il existe, au regard des moyens invoqués, un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées, il y a lieu de rejeter, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par la société " Itron France ", ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société " Itron France " est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société " Itron France ".
Copie en sera adressée, pour information, au directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France.
Fait à Cergy, le 7 janvier 2025.
Le juge des référés,
signé
C. Chabauty
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026