Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2500957

mercredi 12 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2500957
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant ivoirien, qui demandait d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer pour enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, en raison d’incohérences dans la situation de l’intéressé, notamment la possession d’une carte de résident valable dix ans, et que la mesure sollicitée n’était pas utile. La requête a été rejetée, y compris les conclusions au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 janvier et 6 février 2025, M. A, représenté par Me Mesureur, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer à un rendez-vous afin d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour sur le fondement des articles

L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, dans un délai de huit jours sous astreinte de

100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'impossibilité d'obtenir un

rendez-vous pour déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour le place dans une situation de précarité en l'exposant au risque de ne plus pouvoir travailler ni de subvenir aux besoins de ses jeunes enfants alors qu'il réside régulièrement en France depuis près de

20 ans ; l'impossibilité de renouveler son titre de séjour et l'absence de délivrance d'un récépissé méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention sur les droits de l'enfant ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle a pour objet de faire respecter son droit de solliciter le renouvellement de son titre de séjour et d'obtenir un récépissé ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;

- le mesure ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 février 2025, le préfet Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il y aurait urgence et utilité à ordonner la mesure sollicitée, dès lors notamment qu'il s'est placé lui-même dans cette situation.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Louvel, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant ivoirien né le 28 novembre 1976 et entré en France en 2003 a été mis en possession à compter du 20 juillet 2011 d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " régulièrement renouvelée jusqu'au 31 août 2023. Il fait valoir qu'il ne parvient pas à faire enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour sur le site de l'administration numérique pour les étrangers en France (ANEF). Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous afin qu'il puisse faire enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

4. Il résulte de l'instruction que la situation de M. A au regard du droit au séjour en France présente des incohérences, le requérant ayant produit à l'appui de sa requête outre la copie de la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " qui lui a été délivrée le 1er septembre 2022, valable jusqu'au 31 août 2023, celle d'une carte de résident valable dix ans, du 26 février 2015 au 25 février 2025. Dans ces conditions, M. A ne justifie ni d'une situation d'urgence nécessitant la délivrance d'un rendez-vous à très bref délai pour lui permettre de faire enregistrer sa demande de renouvellement de sa carte temporaire de séjour qui a expiré le 31 août 2023, ni de l'utilité de sa demande au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie-en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

.

Fait à Cergy, le 12 février 2025.

Le juge des référés,

Signé

T. Louvel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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