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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2503671

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2503671

jeudi 25 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2503671
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation12ème Chambre
Avocat requérantCALVO PARDO

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. A..., ressortissant malien, qui contestait le refus du préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français. Le juge a estimé que la promesse d'embauche invoquée ne constituait pas un motif exceptionnel justifiant une admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a également écarté le moyen tiré d'une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de la situation personnelle du requérant (célibataire, sans enfant, avec des attaches au Mali). La solution retenue est donc le rejet de l'intégralité des demandes de M. A....

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 mars 2025, M. B... A..., représenté par Me Calvo Pardo, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté en date du 13 février 2025, par lequel le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité et l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de le munir, dans l’attente, d’une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l’arrêté attaqué :
- est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation dès lors que le préfet n’a pas pris en compte l’authentification de la promesse d’embauche demandée avant de prendre sa décision ;
- méconnaît les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales constituant ainsi une atteinte manifeste et disproportionnée au droit de mener une vie privée et familiale normale.


Par une production du 5 septembre 2025, le préfet du Val-d’Oise communique l’ensemble des pièces utiles en sa possession.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. d’Argenson, président, a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

1. M. B... A..., ressortissant malien né le 16 mai 1990, est entré en France le 26 août 2011 sous couvert d’un visa étudiant. Il a sollicité, le 16 juin 2022, son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 13 février 2025, le préfet du Val-d’Oise a rejeté sa demande, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A... sollicite l’annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 (…) ».

3. M. A... se prévaut de sa résidence en France depuis 2011 et de son intégration scolaire et professionnelle. Toutefois, les pièces versées aux débats, et en particulier la promesse d’embauche pour un poste de responsable commercial en date du 2 janvier 2025 par la société Leanet et Services, ne permettent pas de caractériser des motifs exceptionnels ou des considérations humanitaires justifiant l’admission exceptionnelle au séjour de M. A... au titre du travail. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes de l’arrêté attaqué, que le préfet du Val-d’Oise aurait en tout état de cause pris la même décision de refus d’admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié du requérant en tenant pour authentique la promesse d’embauche en litige. En ce qui concerne l’admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale, le requérant ne conteste pas les termes de l’arrêté attaqué selon lesquels il est célibataire, sans enfants, et non dénué d’attaches dans son pays d’origine. La circonstance que M. A... réside habituellement en France depuis 2011 ne suffit pas, à elle seule, à caractériser des motifs exceptionnels ou des considérations humanitaires justifiant son admission au séjour. Le requérant n’est ainsi pas fondé à soutenir qu’en rejetant sa demande tendant à la délivrance, sur le fondement des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, d’une carte de séjour temporaire, le préfet du Val-d’Oise aurait entaché sa décision d’une erreur manifeste dans l’application de ces dispositions.

4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ».

5. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, le moyen tiré d’une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée familiale normale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté, de même que celui tiré d’une erreur manifeste d’appréciation.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.


D É C I D E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l’audience du 11 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. d’Argenson, président,
Mme Sénécal, première conseillère ;
Mme Koundio, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2025.

Le président-rapporteur,


signé

P.-H. d’ArgensonL’assesseur le plus ancien dans l’ordre du tableau,

signé

I. Sénécal
Le greffier,

signé


V. Guillaume

La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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