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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2504433

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2504433

vendredi 6 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2504433
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLE SAYEC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme C, ressortissante brésilienne, qui contestait un arrêté préfectoral refusant son titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire. La requête a été jugée sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, permettant de rejeter les moyens manifestement infondés. Les moyens soulevés (incompétence de l’auteur de l’acte, insuffisance de motivation, violation de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme) ont été écartés comme manifestement infondés ou non assortis de précisions suffisantes. La demande d’aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 mars 2025, Mme A C, représentée par Me Le Sayec, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 10 février 2025 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, ou tout préfet territorialement compétent, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant ", ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai d'une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ou à elle-même en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C, ressortissante brésilienne née le 29 septembre 1997, est entrée régulièrement sur le territoire français le 20 août 2022. Par un arrêté du 10 février 2025, dont Mme A C demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dès lors que Mme C n'a pas déposé de demande d'aide juridictionnelle dans le cadre de la présente instance, la demande tendant à ce qu'elle soit admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ne peut qu'être rejetée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme B, adjointe à la cheffe du bureau du contentieux de l'éloignement de la préfecture des Hauts-de-Seine, qui disposait d'une délégation de signature, en cas d'absence ou d'empêchement de la directrice des migrations et de l'intégration, consentie à cet effet par un arrêté du préfet n° 2024-31 du 2 juillet 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté est manifestement infondé.

5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué mentionne clairement et précisément, en toutes les décisions qui le composent, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré de son insuffisante motivation est également manifestement infondé.

6. En troisième lieu, si Mme C soutient que l'arrêté contesté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'intéressée, qui ne conteste pas, ainsi que l'a relevé le préfet, qu'elle est célibataire et sans charge de famille et a vécu dans son pays jusqu'à l'âge de 25 ans, n'apporte eu égard à ces motifs attaqués, aucun fait susceptible de venir au soutien de ce moyen ni même d'ailleurs aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C ne peut qu'être rejetée, en toutes ses conclusions, sur le fondement du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy-Pontoise, le 6 juin 2025.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. HUON

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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