Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2506600

jeudi 15 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2506600
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B. Celle-ci demandait d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui remettre une attestation ou une autorisation provisoire de séjour. Le juge a estimé que, le préfet ayant convoqué la requérante pour déposer sa demande et lui délivrer un récépissé, les conditions d'urgence et d'utilité n'étaient plus remplies. La solution retenue est le rejet de la requête, sans qu'il soit fait droit aux conclusions de la demanderesse.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 avril 2025, Mme A B, représentée par

Me Raad, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, dans un délai de cinq jours, d'instruire sa demande et de lui remettre une attestation de décision favorable ou à tout le moins une attestation de prolongation d'instruction de sa demande, ou à défaut, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.

Elle soutient que :

- l'urgence est caractérisée ;

- la mesure sollicitée est utile ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2025, le préfet des Hauts-de-Seine conclut en dernier lieu au non-lieu à statuer.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Bertoncini, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 susvisé d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, la juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, elle ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

2. Il est constant que, postérieurement à l'enregistrement de la requête, le préfet des

Hauts-de-Seine a convoqué la requérante, le 21 mai 2025 à 14h10, afin qu'elle dépose sa demande de titre de séjour, l'impossibilité qu'elle rencontrait pour la voir instruire étant liée à un dysfonctionnement informatique, le préfet ajoutant dans son mémoire en défense qu'un récépissé de demande lui serait alors délivré. Dans ces conditions particulières, la condition d'urgence et d'utilité prévue à l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'est pas remplie.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par Mme A B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 15 mai 2025.

Le juge des référés

Signé

T. Bertoncini

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.