Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2508149
lundi 2 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2508149 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 mai 2025, Mme A, représentée par Me Pierrot demande au tribunal :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, à titre principal, de la recevoir en rendez-vous dans le délai de sept jours afin qu'elle puisse se voir délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour l'autorisant à travailler ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L 761-1 du Code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle demande le renouvellement de son titre de séjour, que son autorisation provisoire de séjour expire prochainement, qu'elle risque de perdre ses allocations et qu'elle ne pourra pas obtenir d'emploi sans titre de séjour ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle lui permettra d'obtenir un titre de séjour ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bourragué, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante tunisienne née le 28 juin 1992, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de de la recevoir en rendez-vous afin qu'elle se voir délivrer une autorisation provisoire de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
5. Pour justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier à très bref délai de la mesure d'injonction qu'elle demande, Mme A fait valoir qu'elle demande le renouvellement de son titre de séjour, que son autorisation provisoire de séjour expire prochainement, qu'elle risque de perdre ses allocations et qu'elle ne pourra pas obtenir d'emploi sans titre de séjour. Elle a sollicité le 28 mai 2024 l'enregistrement d'une demande de délivrance d'un titre de séjour, puis a déposé une demande d'autorisation provisoire de séjour portant la mention " recherche d'emploi - création d'entreprise ". Toutefois il résulte de l'instruction que la requérante est en situation régulière jusqu'au 8 juin 2025 et qu'elle ne justifie pas avoir tenté en vain de se connecter à plusieurs reprises sur une période significative sur le site internet de la préfecture. De telles circonstances ne sont, par suite, pas susceptibles de caractériser à elles seules la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée.
6.Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête, et par voie de conséquence les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 2 juin 2025
Le juge des référés,
signé
S. Bourragué
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 25081492