Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2508511

mardi 17 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2508511
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B, ressortissante malienne, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour ou un récépissé. Le juge a reconnu l'urgence de la situation, mais a estimé que le silence gardé par l'administration pendant quatre mois sur sa demande de renouvellement avait fait naître une décision implicite de rejet. Cette décision administrative fait obstacle à la mesure sollicitée, conformément aux dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 mai 2025, Mme A B demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de la justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous pour lui délivrer un nouveau titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il existe une présomption d'urgence en ce qui concerne un refus de renouvellement de titre de séjour ; qu'il est dans l'incapacité de justifier de la régularité de sa situation, notamment auprès de son employeur ; qu'il existe un risque de suspension de son contrat de travail ; et que ses droits sociaux ont été suspendus entraînant une aggravation immédiate de sa situation financière notamment au regard des frais liés au paiement de son loyer ;

- la mesure sollicitée est utile, dès lors que le délai écoulé depuis le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour, soit près de cinq mois, et celui écoulé depuis la fin de validité de son dernier titre de séjour, soit trois mois, illustrent un dysfonctionnement grave des services préfectoraux, et en particulier du dispositif de l'ANEF, qui lui portent préjudice ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2025, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et soutient qu'une décision administrative fait obstacle à ce qu'il soit fait droit à la mesure sollicitée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante malienne née le 20 juin 1987 à Bamako au Mali, a été titulaire de trois titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dont le dernier a expiré le 15 février 2025. Elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur la plateforme ANEF le 18 décembre 2024. Par la suite, elle a demandé aux services préfectoraux de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous pour lui délivrer un nouveau titre de séjour, ou, à défaut, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ".

3. Alors que, s'agissant d'un renouvellement de titre de séjour, l'absence de délivrance de tout document lui permettant de justifier de sa situations administrative ne lui a été délivré depuis le dépôt de sa demande le 18 décembre 2024 caractérise une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, il résulte de l'instruction qu'en raison du silence gardé par l'administration pendant quatre mois, la demande de Mme B doit être regardée comme ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet, laquelle fait obstacle à ce qu'il soit fait droit à la mesure qu'elle sollicite. Il suit de là que la requête de Mme B doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 17 juin 2025

Le juge des référés,

signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 25085112