Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2508641

lundi 23 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2508641
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme B, ressortissante marocaine, pour obtenir la délivrance d'un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour. La requérante s'est désistée de ses conclusions principales après avoir obtenu une attestation de maintien en situation régulière le 5 juin 2025. Le tribunal a donné acte de ce désistement et a rejeté la demande de frais de justice présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, estimant qu'il n'y avait pas lieu d'y faire droit dans les circonstances de l'espèce.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 mai 2025, Mme A B, représentée par

Me Mesureur, demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour déposée le 4 mai 2025, dans un délai de sept jours à compter de la date de notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que :

o elle a déposé une demande de renouvellement de titre de séjour plus de deux mois avant l'expiration de ce dernier et qu'un récépissé est, dans ce cadre, délivré de plein droit ;

o l'absence de récépissé la place dans une situation particulièrement précaire, notamment vis-à-vis de son employeur ;

o elle ne peut se déplacer librement et risque à tout moment d'être éloignée du territoire français ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative dès lors que sa demande de renouvellement de titre de séjour est en cours d'instruction depuis le second dépôt le 4 mai 2025 ;

- la mesure sollicitée est utile et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2025, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la condition d'urgence n'est pas satisfaite.

Par un mémoire enregistré le 5 juin 2025, Mme B abandonne ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte mais maintient ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chaufaux, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante marocaine, née le 30 septembre 1997 à Sidi Belyout au Maroc, a déposé le 4 mars 2025, via le site " démarches simplifiées ", une demande de renouvellement de son titre de séjour mention " vie privée et familiale " qui expirait le 6 mai 2025. Le 2 mai 2025, sa demande a été classée sans suite au motif que son dossier était incomplet. Le

4 mai 2025, Mme B a de nouveau déposé une demande de renouvellement de titre de séjour via le site " démarches simplifiées ". Dans sa requête initiale, elle demande à la juge des référés d'ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte d'un désistement ou constater un non-lieu.

3. Mme B s'est vu délivrer le 5 juin 2025, postérieurement à l'introduction de sa requête, une attestation la maintenant en situation régulière sur le territoire national par la préfecture des Hauts-de-Seine. Si, dans sa requête, Mme B avait demandé à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de sept jours à compter de la date de notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard , elle a dans son mémoire enregistré le 5 juin 2025 expressément abandonné ces conclusions. Dès lors, elle doit être considérée comme s'étant désistée purement et simplement de ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme B.

Article 2 : Les conclusions de Mme B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 23 juin 2025.

La juge des référés,

Signé

E. Chaufaux

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.