Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2509436

mercredi 25 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2509436
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B. Celle-ci demandait d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de la convoquer pour enregistrer sa demande de changement de statut d'étudiant à salarié, en application de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, les circonstances invoquées par la requérante, notamment l'expiration récente de son titre de séjour, ne présentant pas un caractère certain justifiant une intervention à bref délai.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 mai 2025, Mme B, représenté par Me Peketi, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de la convoquer afin qu'elle puisse faire enregistrer sa demande de délivrance d'un titre de séjour par voie de changement de statut d'" étudiant " à " salarié " par application des dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'en l'absence de réponse à sa demande de changement de statut réceptionnée par l'administration le 26 avril 2025, elle se trouve sans titre de séjour depuis le 25 mai 2025, que cette situation compromet son droit à se maintenir en France et à compléter sa formation par une première expérience professionnelle et pourrait également entraîner la suspension de son contrat de travail ;

- la mesure sollicitée est utile, dès lors qu'elle lui permettra de faire enregistrer sa demande de délivrance d'un titre de séjour par voie de changement de statut d'" étudiant " à " salarié " ;

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2025, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il fait valoir que la requérante a été contactée par ses services il y a moins de deux mois et qu'il lui a été expressément indiqué que le volume des demandes était conséquent, entraînant ainsi un allongement du délai de traitement de sa demande. Par conséquent, la demande de Mme B étant actuellement toujours en cours d'instruction, sa requête est sans objet.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Louvel, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

3. Pour justifier de l'urgence particulière qu'il y aurait à enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous à brève échéance pour lui permettre de déposer sa demande de délivrance d'un titre de séjour " salarié " par voie changement de statut, Mme B fait valoir qu'elle se trouve sans titre de séjour depuis le 25 mai 2025, date à laquelle son autorisation provisoire de séjour " étudiant en recherche d'emploi " a expiré, ce qui pourrait compromettre son droit à compléter sa formation par une première expérience professionnelle et entraîner la suspension de son contrat de travail. Toutefois, la demande de titre de séjour déposée par Mme B le 26 avril 2025 est récente et les circonstances invoquées par l'intéressée, qui n'ont aucun caractère certain, ne suffisent pas pour caractériser une situation d'urgence nécessitant la fixation par l'administration d'un rendez-vous à bref délai. Ainsi, la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure demandée par Mme B ne peut être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet du Val-d'Oise.

Fait, à Cergy, le 25 juin 2025.

Le juge des référés,

signé

T. Louvel

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.